Fissa, faire, faire fissa
29 décembre 2025Faire, faire fissa…
A—Fais ce que dois, advienne que pourra.
B —« Fais ce que dois… » belle devise ! Sinon que le verbe faire se met à toutes les sauces.
A — Je me demande quel effet ça fait… (avec l’accent d’interrogation sur « quel effet ça fait »)…
B — Si tu le prononces comme ça, tu mélanges le discours direct « Je me demande » et le discours indirect « Quel effet ça fait » en transformant par ton intonation le discours indirect en direct pour le faire entrer dans ta syntaxe. Tu tords la syntaxe et tu as tort.
A — Je ne comprends rien à ce que tu dis. Pour faire plus simple, je peux dire : « Quel effet fait-ce… » C’est correct ?
B — Oui, c’est correct mais malheureux.
A — Malheureux ?
B — Ça sonne mal. C’est ce qu’on appelle un kakemphaton.
A — Voilà un mot qui ne sonne pas très bien lui-même.
B — On en trouve des exemples comme « Je suis romaine, hélas, puisque mon époux l’est » chez Corneille…. Poulet, cot cot, cocorico… « Et le désir s’accroît quand l’effet se recule » toujours chez Corneille. « Quand les fesses reculent ».
A — Les fesses, j’avais compris.
B — La fesse est d’autant plus intéressante qu’elle vient du latin fissa et du verbe findere, qui veut dire fendre, séparer. Initialement la fesse est la fente, la raie.
A — Par voisinage elle a englobé les deux masses charnues qu’elle sépare, et l’ensemble.
B — Le kakemphaton est un jeu de mot. Il ne va pas jusqu’à confondre le latin et l’arabe. « Faire fissa » signifie autre chose.
A — Toutes ces digressions font qu’on ne fait pas vraiment fissa. Et si au lieu de demander « Quel effet fait-ce ? », je disais : « Je me pose la question de savoir quel effet ça fait » ?
B — Tu ne ferais que déplacer la question en question. Le cœur de celle-ci est simplement de savoir quel effet ça fait.
A — Je ne le sais pas puisque je pose la question.
B — Ite fissa est !
Certains sont fêlés quand la réalité est fendue.

