Élections municipales

Élections municipales

11 février 2026 0 Par Paul Rassat

Au mois de mars, traditionnellement « le mois des fous », les élections municipales.

Municipal

Le mot vient du latin «  munus » , charge, et de « capere », prendre. Il s’agit donc de prendre, d’assumer une charge. À l’origine, la charge municipale est ce que l’on accepte de prendre sur soi pour faire tenir une communauté. Depuis, certains confondent la charge et le pas de charge. Faire tenir et se servir, réunir et opposer.

Élections

Du latin eligere( choisir, cueillir, lire). L’élection est l’acte politique par lequel on choisit quelqu’un et le résultat de ce choix. Le scrutin est la méthode du vote, qui permet de scruter, d’examiner, d’assurer la fiabilité du vote et de l’élection. Scrutin et scrotum viennent tous deux de la même racine indo-européenne liée à la notion de sac qu’on ouvre pour regarder dedans. Le scrotum est la bourse qui contient les testicules.

Voter

Nous voilà bien avancés ! me direz-vous. Au moins nous savons de quoi nous parlons. Précisons encore que voter consiste à émettre un vœu, une sorte d’ex-voto, et que les élus ne sont pas toujours les meilleurs. Même s’ils se prennent pour des élus de droit divin. «  Que le meilleur gagne » tient lieu d’emplâtre sur une jambe de bois. Comme déjà relevé sur Talpa, cette formule qui précède une compétition ne fait en réalité que consacrer à l’avance le résultat de celle-ci et, par la même occasion, admettre que le vainqueur, malgré tricheries, mensonges, manipulations…, est de toute façon le meilleur.

Mandat

En réalité, on ne devrait savoir qu’en fin de mandat si celle ou celui qui a été élu est bien le meilleur. Si la personne n’a pas confondu son mandat, sa mission, avec le montant d’un mandat à usage personnel. Pierre Dac plaisantait ainsi : «  Il vaut mieux passer à la poste hériter que passer à la postérité. » Certains élus prennent l’humour au premier degré. Souvenir de cet élu municipal qui confondait les mots statut et statue !

Proximité

Terminons ces réflexions avec ces gens que l’on appelle des «  maires de proximité. » Ils sont parfois étouffants et devraient nous laisser prendre l’air. D’autant plus que «  maire de proximité » fleure bon le pléonasme. Imagine-t-on un maire d’éloignement ? Une politique de barbarie à la place de la politique de civilisation prônée par Nicolas Sarkozy ? Sur les rives du lac d’Annecy fleurissent les listes qui vantent l’esprit de village. Au moins peut-on être sûr qu’il y a un esprit, mais on y sent peut-être les remugles du «  On est chez nous ! » Encore Pierre Dac : «  Si la France n’était pas ce qu’elle est, c’est-à-dire la France, les Français seraient des étrangers. »