La culture ?
23 février 2026Rencontre avec Hugo Roux qui porte la culture pour la liste les « Acteurs d’Annecy. La culture ?
Posons la question comme le font les journalistes d’aujourd’hui : « Hugo, la culture c’est quoi ? »
— Comment délimiter le champ qu’elle recouvre ? La culture, les arts. Avec Antoine Armand et les Acteurs d’Annecy nous essayons d’englober la totalité de ce que ça peut comprendre, le champ patrimonial, les arts, le spectacle vivant, le chant, les arts visuels, la musique classique…le champ de la tradition ( et Hugo de citer pas mal d’associations). L’éducation populaire, l’apprentissage tout au long de la vie, et l’enrichissement à travers l’acquisition d’ une forme de patrimoine immatériel qui inclut les us et coutumes. La culture d’une population dans un territoire donné.
Il peut être utile de rappeler ici quelques lignes du sociologue Alain Caillé : « Si mesure pertinente de la richesse il doit y avoir, c’est donc certainement en premier lieu à l’échelle des individus ou des territoires. Non pas en se demandant en quoi ces territoires se conforment à une liste de critères généraux établis à l’avance et censés valoir pour l’humanité entière et pour tous les temps, mais, au contraire, à partir des définitions et des critères de richesse – ou de prospérité, ou de bien-être, etc.- élaborés par les habitants eux-mêmes, pour un temps donné, en fonction de leur inscription concrète dans un espace-temps social, culturel, économique et historique déterminé. Au-delà ou en amont de la mesure elle-même, l’élaboration des indices devient alors un outil de participation et de délibération démocratique. »
Hugo Roux cite encore plusieurs associations qui interviennent dans le passage du patrimoine et note qu’il faut valoriser leur action. Il est nécessaire d’avoir une vision cohérente du champ de la culture afin de ne pas saupoudrer ponctuellement et inefficacement des aides dont le résultat n’est pas maîtrisé. Cette attention est nécessaire aussi pour ne pas sombrer dans des querelles de clochers.
La conversation aborde l’état désastreux de certains monuments religieux et…François de Sales. Il est tout à fait possible de se référer à ce personnage si important pour la ville d’Annecy sans même avoir la foi. Il est le patron des journalistes parce qu’il a créé la communication moderne. François de Sales a été le premier à adapter ses propos à ses interlocuteurs et au contexte au lieu de débiter mécaniquement les mêmes discours partout.
Et puis, qualité inappréciable, il s’est rendu compte qu’il fallait prendre le dessus sur les protestants non pas en les combattant par les armes, mais en étant meilleurs qu’eux. Ils savaient lire la Bible dans leur langue alors que nombre de catholiques ânonnaient le latin sans rien y comprendre. François de Sales créa des écoles gratuites. L’éducation populaire que prône Hugo Roux va dans le même sens.
Il est aussi question de la création d’un Festival des arts vivants. Une façon de renouer avec l’héritage culturel reçu des Résistants et de l’élan né après la 2° guerre. Une façon de relier l’exigence artistique, culturelle et l’implication des citoyens et des troupes locales dans un projet ambitieux et qui ne soit pas que saupoudrage.
Quand la gestion est au service d’un véritable projet, d’une ambition, il est possible d’espérer. La culture permet alors de dépasser les intérêts des uns et des autres, les divisions nées d’un cheminement sans perspective. Si nous revenons aux propos d’Alain Caillé, la culture ce sont des critères, des valeurs, des éléments « élaborés par les habitants eux-mêmes, pour un temps donné, en fonction de leur inscription concrète dans un espace-temps social, culturel, économique et historique déterminé. »

