Obsession

Obsession

16 mars 2026 0 Par Paul Rassat

Avec Nine Antico, Une obsession devient le titre d’un album, d’un livre. Le mot album renvoie à une tablette enduite de plâtre, blanche, sur laquelle écrire ce que l’on mettait ainsi à la portée de tous. De tous, vraiment ?

Obsession, lui (ou elle), vient du latin obsidere, s’asseoir devant, c’est-à-dire mettre le siège, assiéger. Par la suite le siège militaire a laissé place à l’évocation d’un esprit assiégé par une idée, une personne, un objectif, comme Iznogoud qui veut être calife à la place du calife. Le pouvoir peut devenir une obsession. Il faut attendre Freud pour que l’obsession tourne à la névrose. TOC, TOC, il y a quelqu’un ?

Pour qui sont ces livres.. ?

Avec Nine Antico l’obsession devient donc un livre et le sujet d’une discussion. Le livre ? La recherche de l’orgasme. L’impression ? Le lecteur reste toujours au bord, un peu frustré. La discussion ? Si le sujet est intéressant, pertinent, il aurait peut-être mérité plus de doigté, un autre rythme, une approche particulière. Gaëlle, de BD Fugue Annecy, répond : » C’est un livre pour les femmes. » Avouons que dans ce livre le plaisir est aussi celui de vivre.

Phillip Pullman, auteurs des romans Les royaumes du nord avait refusé un prix littéraire « de jeunesse ». Les livres sont-ils destinés aux femmes, aux hommes, aux adultes, aux jeunes ? Le sens du mot orgasme est désormais circonscrit au domaine sexuel. Mais son étymologie signifie « être rempli d’ardeur », ce qui inclut les femmes, les hommes et, tout particulièrement, les plus jeunes. « Aux âmes bien nées… »

Jeune et fauchée

Jeune et fauchée, de Florence Dupré la Tour, aborde tous les problèmes que peut subir une jeune femme avec le ton, le dessin qui apportent une distanciation bienvenue. Le lecteur est à la bonne distance. Il vit, partage les pressions familiales, sociales, patriarcales que subit le personnage principal qui est aussi l’auteure ; mais à mi-lecture, l ‘espoir demeure. Est-ce dû à la touche de Simpson qui anime le dessin ? À la référence toute personnelle du film de Jean-Pierre Mocky, Un drôle de paroissien ? On suit avec plaisir et intérêt, sans larmoyer ni identification les tribulations de l’héroïne. Celle-ci vit aussi une obsession : la peur du déclassement social et la misère. Le statut d’artiste n’aide pas. Pas plus que la responsabilité, après séparation souhaitée, d’élever seule deux enfants. La liberté est à ce prix. Et la volonté de faire bonne figure à cause d’un conditionnement familial absurde et de l’indifférence de parents égoïstes.

Nine Antico et Florence Dupré la Tour participeront à Sevrier BD.