Écharpe
24 mars 2026L’écharpe tricolore change d’épaules ces jours-ci. Les élus la portent fièrement car elle symbolise la nation et la fonction qu’ils y exercent. N’oublions pas cependant qu’avant de porter l’écharpe certains se sont écharpés pour la conquérir. Le verbe écharper signifie initialement « mettre en pièces, déchirer comme un tissu » car l’écharpe est au départ une bande de tissu. La conquête du pouvoir est (trop ?) souvent un détricotage de l’équipe concurrente, éventuellement du travail qu’elle a réalisé. Quand celui-ci pose problème, le détricotage est une simple affirmation de soi, maladroite et coûteuse. Mais elle peut aussi être nécessaire. Déconstruire, détricoter.
« Quand te dératiseras-tu ?
Je me dératiserai quand tu te dératiseras,
Et si je me dératise avant que tu te dératises,
Tu te dératiseras après que je me serai dératisé. »
Défaire
Il est regrettable que la démocratie fonctionne de façon diachronique plus que synchronique. On y perd du temps, de l’énergie et de l’argent, ainsi que de l’efficacité. Défaire ce qui a été fait pour marquer son empreinte est vain. Le successeur fera de même. Construire en consultant et en entraînant l’adhésion est plus durable. Ce n’est malheureusement pas toujours ce que font les écologistes ou les autres.
Cluny
À Cluny, par exemple, le nouveau maire est opposé à la construction du nouvel office de tourisme là où voulait l’implanter le précédent édile. À l’entrée de la cité, bien visible, accessible à tous. Cet emplacement pratique permettait de relier la ville et l’abbaye. Intention louable alors que cette dernière est gérée par le Centre des Monuments nationaux qui dépend du ministère de la Culture. Au lieu de travailler en bonne intelligence, il arrive que les deux instances défendent des intérêts divergents. L’emplacement de l’office de tourisme, dans ces conditions, est déterminant.
Annecy
À Annecy, l’équipe qui vient d’être battue a installé de nombreux plots qui séparent les voies de circulation. Ils apparaissent comme un bricolage hâtif davantage que comme une solution pérenne. Faudra-t-il déplotiser la ville afin d’offrir une solution plus esthétique et plus efficace en matière de sécurité ? Au prix du plot…
Il serait amusant de s’informer : les nouveaux maires font-ils acheter une nouvelle écharpe, ou bien portent-ils celle de leur prédécesseur ? Ciotti aurait-il plaisir à porter celle d’Estrosi ?
Cent fois sur le métier remettons notre ouvrage démocratique. On comprend mieux pourquoi Emmanuel Macron a tenu à prêter la tapisserie de Bayeux à la perfide Albion !
