Marées annéciennes

Marées annéciennes

1 avril 2026 0 Par Paul Rassat

Un poisson d’avril qui n’en serait pas un, les marées annéciennes. Pour reprendre la marquise de Sévigné : «Je m’en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus commune, la plus éclatante, la plus secrète jusqu’à aujourd’hui, la plus brillante, la plus digne d’envie ; enfin une chose dont on ne trouve qu’un exemple dans les siècles passés… »

De quoi s’agit-il ? On connaît les problèmes de circulation en ville et autour d’Annecy depuis plus de 80 ans. Il a été question d’un tunnel. « Il est passé par ici, il repassera par là ! » Les taxis sur le lac semblent avoir coulé. Les montgolfières sont inappropriées. Le bus en voie propre nécessite de trouver la voie. Le tram ? Pique et pique et colegram. Le transport suspendu ? À quoi ?

Et pendant ce temps les élus parlent de mobilité « douce », de circulation « apaisée » !

Pompons!

Reste une solution, la seule, l’unique, qui pourrait passer pour un poisson d’avril mais qui ne l’est pas. Installer un système de marées sur le lac d’Annecy. Les pompes de la Puya remonteront l’eau, éventuellement jusqu’au Semnoz où se formerait un lac stockant l’eau pompée. On prévoira des mises en action des pompes pour vider le lac à partir de 6 heures du matin jusqu’à midi. Puis le remplissage sera lancé en sens inverse de midi à 18 heures ; le même échange aura lieu entre 18heures et 6 heures. Il n’y aura pas lieu de vider entièrement le lac mais d’en abaisser le niveau suffisamment pour qu’émerge une croix routière partant des deux rives et se rejoignant à mi-distance entre celles-ci et, d’un côté le bout du lac, de l’autre Annecy. Aménagé astucieusement sous le Pâquier, un parking accueillera les véhicules ou plutôt des vélos.

Tous azimuts

Vous remarquerez que les périodes de marée basse coïncideront avec les horaires correspondant au besoin de déplacement. Des effets sur la flore et la faune ? Sans doute ; mais celles-ci s’adapteront rapidement à ce nouveau rythme de vie alors que les embouteillages actuels, la pollution qu’ils entraînent provoquent bien plus de dégâts que la solution envisagée. Pour des raisons écologiques, justement, les turbines seront remises en mode générateurs durant la marée montante afin d’alimenter les vélos électriques des annéciens. Une partie de l’eau stockée au Semnoz alimentera une rivière permettant la pratique du kayak en eaux vives et du rafting.

Naissance par voie haute

On étudie aussi l’installation d’un pittoresque moulin à eau dans le futur parc des Marquisats. Moulin qui alimenterait aussi un tramway aérien faisant le tour du lac et allant, au-delà, de Sillingy à Albertville.

Afin de montrer le sérieux du projet de marées, une demande de brevet a été déposée à l’INPI.

« Tout va très bien, madame la marquise, d’amour vos beaux yeux mourir me font. »