Démocratie totale
7 avril 2026Modeste proposition de démocratie totale. À lire toutes les formes possibles de démocratie, il serait possible de s’y perdre. Directe, représentative, participative, délibérative, semi-directe, parlementaire, présidentielle, libérale, sociale, populaire, pluraliste, consensuelle, majoritaire, électronique…Afin de régler définitivement la question, voici une modeste proposition de démocratie totale.
Citoyen élu
Dans ce type de démocratie, chaque citoyen est à la fois citoyen et élu. Il se représente lui-même. Si c’est la forme la plus élaborée de la démocratie, ce système offre aussi un avantage important. Chaque citoyen est élu et chaque élu perçoit une rémunération correspondant à son statut d’élu. Prenons le cas des élections municipales qui viennent de se tenir en mars 2026. Que deviennent les candidats qui avaient tout misé sur une élection ou sur une réélection et qui ont été battus ? Certains d’entre eux sont totalement inadaptés à la vie professionnelle dans laquelle ils vivent déception sur déception. Comment parviendront-ils au nombre d’annuités nécessaire pour percevoir une retraite décente ? Pensons à ces concitoyen(ne)s qui ont tout misé sur la politique et se sont pris une veste sans avoir le temps de la retourner une fois de plus. Qu’ils restent élus au sein des élus !
La démocratie de soi
Ce système de démocratie totale présente un autre avantage non négligeable. Ceux qui ont été trop longtemps élus ou dirigeants deviennent des inadaptés de la vie quotidienne. Bruno Lemaire confie la difficulté qu’il rencontre à prendre lui-même un rendez-vous. Claude Guéant avouait lui aussi la difficulté à vivre sans secrétaire. Le statut d’élu-citoyen fait que vous continuez à vous occuper de vous-même, un avantage certain pour apprendre à s’occuper des autres.
Une affaire de chaussettes ?
Un dernier avantage de la démocratie totale, bien que ce ne soit pas l’avantage ultime, concerne les chaussettes. Les chaussettes ? s’étonneront certains. Souvenez-vous, on se moquait des chaussettes de Pierre Bérégovoy alors qu’Édouard Balladur optait, lui, en matière de chaussettes, pour la pourpre cardinalice. Mais où en sommes-nous rendus aujourd’hui en matière de chaussettes ? À ces produits d’importation qui se trouent au talon à la première occasion ! Notre démocratie vaut mieux que cette guerre des chaussettes. Totale, elle résoudra tous les problèmes. Chaussettes et chômage compris.

