La trace et l’empreinte
27 avril 2026
La trace et l’empreinte nous sont liées. La trace marque notre passage. Nous marquons de notre empreinte celui-ci. ( En photo, une œuvre de Penone exposée par la Fondation Salomon lors d’une exposition en 2022).
La création véritable dépasse et fond toutes contradictions qui limitent notre ambition et l’envergure de nos actions.
La trace est mouvement horizontal, elle marque le cheminement dans la neige, dans la mémoire, et risque de s’effacer. Elle est ce que nous laissons volontairement ou non derrière nous en avançant. S’inscrivant dans un mouvement, elle précède aussi bien qu’elle suit. S’y conjuguent le passé, le présent, le futur dans l’absence et la disparition autant que dans la présence.
L’empreinte, digitale, mentale, artistique, demeure. Elle nous ancre dans nos origines. Elle est héritage composé de ce qui nous touche au plus profond, lié à la mémoire intime et à la réalisation de soi capable de toucher l’autre. Sa pression marque verticalement, durablement.
La trace est fragment avant disparition. Éphémère, évanescente. Nombre de tentatives artistiques relèvent de la trace, lutte contre le temps appelée à disparaître.
Le véritable créateur accepte de fondre dans sa création la trace et l’empreinte avec ce qui l’habite essentiellement. Le geste éphémère et la création durable, la matière et son expansion pour converser avec soi, avec les autres et avec le temps.
