Public, publicité
27 août 2026Public vient du latin publicus, « qui concerne le peuple ou l’État ; d’un usage public ; commun à tous ». Le mot est à la fois adjectif et nom. En dérive la publicité, à ne pas confondre avec le publicisme « état de femme publique ». La publicité serait -elle une catin qui se vend au plus offrant ? S’il y avait une différence à établir, la prostituée n’a pas le droit de racoler ; la publicité vit de son activité de racolage.
Des étoiles plein les yeux
Combien de chefs étoilés, reconnus ont-ils tiré bénéfice de la publicité qui les paye pour racoler le client ? Paul Bocuse faisait de la publicité pour sa propre gamme de produits, blanquette, petit salé, pintade au chou, pot-au-feu… Philippe Etchebest recommande les ustensiles de Buyer. Cyril Lignac pâtisse son porte-monnaie. Joël Robuchon, Alain Ducasse, Hélène Darroze se livraient ou se livrent eux aussi à l’exercice publicitaire. Est-ce que ceci garantit des produits de qualité (di qualita, di qualita !) L’expertise (le mot est à la mode) du chef améliore-t-elle le produit ? Son image est-elle utilisée uniquement pour appâter le chaland ? Notre besoin, bien entretenu par les professionnels de la communication, de nous identifier à des héros et à des super héros nous pousse-t-il à acheter l’image du chef plutôt que l’objet ? À transformer l’objet en image de notre désir ?
Notre Père, deliveroo-nous de la cuisine
La blanquette en est-elle meilleure ? Le velouté plus velouté ? À l’époque où Deliveroo nous délivre de la tache culinaire, l’ustensile ou le produit vanté par le chef vu à la télé ne devient-il pas un cautère sur une jambe de bois? Une façon de se faire valoir et de se donner bonne conscience ? Il n’y aurait pas là comme une odeur de Coca Cola ? Rappel de ce test (discutable). À l’aveugle, la majorité des cobayes préfèrent le Pepsi au Coca. En connaissance de cause et de marque, la majorité s’inverse. Ne pas confondre cependant la publicité et le publicisme !
