Éclipse d’éclipse

Éclipse d’éclipse

14 août 2026 0 Par Paul Rassat

Pendant l’éclipse, je me suis éclipsé. Je l’ai regardée à peine, du coin de l’œil. Le mot nous vient du grec et signifie d’abord « abandon, défection ». Je n’ai pas voulu abandonner mon poste de citoyen-taupe qui résiste en creusant. J’ai donc éclipsé l’éclipse en regagnant ma galerie. Il est intéressant de relever combien nos réflexes primitifs l’emportent sur les connaissances scientifiques.  On a beau savoir comment, quand, pourquoi ; les gens se massent pour assister ensemble à ce phénomène qui dépasse l’entendement.

On ne sait jamais !

Les Romains, déjà, mêlaient savoir scientifique et superstition face aux éclipses. On a beau savoir ! Comme ce professeur de philosophie sénégalais qui enseignait à Dakar autrefois. Il avait beau avoir fait ses études à la Sorbonne, enseigner Descartes, il avouait placer une coupelle d’eau le soir, dans chaque pièce de son appartement. Pour les esprits. Il n’y croyait pas, mais on ne sait jamais.  L’expression « On ne sait jamais » est savoureuse.

Ir-rationnel

Tenez, il va y avoir une éclipse de président de la République au printemps 2027. On le sait. Tout le monde le sait. Hé bien, ça n’empêche pas un bazar incroyable. Quel sera le nouveau ? Ou la nouvelle ? Que deviendra l’ancien ? Réapparaîtra-t-il ? Où ? Sera-t-il aussi lumineux qu’avant, ou bien l’exercice du pouvoir aura-t-il terni la lumière de Jupiter ? Le rationnel humain est fortement teinté d’irrationnel dont on est bien incapable de mesurer tous les effets.

S’éclipser

S’éclipser, filer à l’anglaise, mettre les bouts, dégager, prendre la poudre d’escampette (sans poudre de perlimpinpin ?), se tirer. Autant d’expressions qui disent la même chose. « Comme un pet de lapin sur une toile cirée « aurait ma préférence ». Avec « filer à l’anglaise », que les Anglais nous rendent sou la forme de « to take French leave ». Le tout étant de ne pas filer du mauvais coton.