Lycées : utopie et comptabilité à courte vue

 Lycées : utopie et comptabilité à courte vue

4 octobre 2026 0 Par Paul Rassat

Utopie : « Plan imaginaire de gouvernement pour une société future idéale, qui réaliserait le bonheur de chacun. Par extension :  Système de conceptions idéalistes des rapports entre l’homme et la société, qui s’oppose à la réalité présente et travaille à sa modification…. Ce qui appartient au domaine du rêve, de l’irréalisable. » C’est, résumé, ce que dit le dictionnaire CNRTL. Cette distinction entre l’imaginaire et la réalité relève de la simplification abusive. Une fois admise (sans être discutée) elle entraîne d’autres distinctions en chaîne. « Qu’est-ce que vous faites dans la vie ? » par exemple. Car il y aurait d’un côté la vie vraie, réelle, celle du travail qui rapporte de l’argent, de quoi vivre ; et les rogatons, un semblant de vie faite de restes lancés aux assistés. Hiérarchisée, cette conception prend la forme du ruissellement et l’image des premiers de cordée. Elle étrangle les lycées.

Métaphore qui ne file plus

La métaphore, cependant, n’opère plus (si elle a opéré un jour). Le réchauffement climatique assèche le ruissellement. La pratique de la montagne change avec le réchauffement. On s’y perd. D’autant plus que, pour les chrétiens, les premiers seront les derniers et inversement.

Alors, pourquoi ne pas envoyer valser la frontière entre la vraie vie et la vie rêvée ?

Les lycéens s’insurgent contre le ruissellement des connaissances qui leur est imposé. Ils rêvent de meilleures conditions d’apprentissage ! Que leur répond une grande partie de la classe dirigeante qui voudrait diriger la société comme elle croit, souvent à tort, se diriger elle-même avec rigueur. Sur les réseaux particulièrement sociaux sévissent répliques et invectives (à moins que ce ne soit invectives et répliques). Une ancienne élue fraîchement évincée par le scrutin intervient toujours avec un regard si pertinent sur notre société.  

 Les francais 

     Il y a quelques années, elle écrivait (textuellement) : « Tous les francais veulent du social des crédits d’impôts des subventions des aides pour leurs associations ne pas payer l’hôpital ne pas payer leur traitement, augmenter les minimas sociaux augmenter les retraites accueillir plus de réfugiés mais ils ne veulent pas payer d’impôt et de taxe non plus voilà ce que je découvre depuis un an. Alors on fait comment ? Pendant des années ont leur a fait croire que c’était possible et ils essaient encore de le croire car l’état ce n’est pas eux mais alors qui est l’état ? »  

La paille dans l’œil du voisin, la poutre dans le sien

Il ne s’agit pas ici de s’en prendre à une personne, mais d’examiner ce qui apparaît davantage comme un jugement que comme une réflexion. Après ce regard porté sur les « francais » cette personne juge les événements actuels. Pour elle, qui se vante de venir du monde de l’entreprise, les parents doivent payer pour les dégâts causés par leurs enfants lycéens. C’est pourtant le monde de l’entreprise, mû essentiellement par le profit, qui depuis des dizaines d’années a transformé enfants et adolescents en consommateurs. Ainsi détournés, ces consommateurs échappent, par la force des choses, à l’éducation transmise par leurs parents démunis.

Qu’en pensent les « francais » ?

Codicille

Même s’il est distendu, il existe un lien étymologique entre loup et lycée. De là à en conclure que le second n’aurait pour but que de transformer les loups sauvages de l’adolescence en jeunes loups costumés aux dents longues! Quant aux jeunes louves…Moulinex a libéré la femme depuis si longtemps!