Atelier
5 avril 2026Atelier évoque le travail du bois et le pain sur la planche. En latin médiéval astula désignait une petite planche ou une latte de bois. De là vient le nom asterlier qui deviendra l’atelier. Le travail du bois lui est lié.
Dans Autour de l’idée d’atelier (aux éditions Tandem) on apprend que le mot « désigne l’éclat de bois, le copeau, la sciure…tout ce qui tombe du banc du menuisier, les chutes, les débris tenus pour quantité négligeable, excès de matière première dont il n’y a rien à tirer…Ainsi l’atelier désigne d’abord le reliquat d’une activité, les scories d’une transformation de matière première… »

On passe de l’atelier au chantier, canterius, lorsqu’il est possible d’y ranger les outils des ouvriers. Cet endroit où on logeait initialement un canasson appelé aussi « cheval de bois », a fini par accueillir un autre cheval, le chevalet du peintre. Y aurait-il une parenté entre le canasson, vieux cheval devenu inutile, voire idiot, et le métier de peintre ?
Dans sa nouvelle intitulée Coco Maupassant reprend le thème du canasson. L’histoire se passe dans une ferme cossue construite un peu comme une forteresse à l’abri du vent. Les maîtres et les employés y partagent les repas autour d’une longue table sur laquelle trône la soupière. Cette prospérité permet de garder un vieux cheval devenu inutile, Coco, auquel la maîtresse est attachée. Zidore est chargé de déplacer chaque jour le piquet auquel Coco est attaché afin que celui-ci trouve de quoi manger. Mais Zidore se demande à quoi peut bien servir de déplacer un cheval devenu inutile. Il décide de ne plus changer le piquet de place. Coco finit par mourir de faim. Zidore ne se rend pas compte qu’il est encore plus inutile que Coco dont il a la charge !
« Connais-toi toi-même » est une invitation à être l’atelier de soi en récupérant ce que certains pourraient considérer comme des chutes, des débris pour les transformer…en soi. »

