Bolloré Liberté

Bolloré Liberté

28 mars 2026 0 Par Paul Rassat

Le thème du printemps des poètes est la liberté. C’est elle que revendique Vincent Bolloré. ( Photo : Bolloré guidant le secteur privé).

Interlocation revendiquée

Devant les députés, notre homme déclarait qu’il faut garder le service public, mais en faisant des économies, comme il l’a fait à Canal +.  » Dire ça, vous mettez en cause toute une série de gens qui sont heureux de vivre ensemble, qui se reçoivent, qui passent leurs vacances, qui vont déjeuner, dîner, ils se font des projections de films.  Là vous vous attaquez à un truc sensible… Quand vous donnez 4 milliards à quelqu’un, à quelques personnes, à quelques centaines de personnes… parce que c’est de ça dont il s’agit, malheureusement. Si c’était tous les gens au-dessous. Mais je vous ai fait le calcul. Je préférerais que vous mettiez le service public à zéro et que vous sauviez les agriculteurs et les pêcheurs… Je ne vois pas de raison pour laquelle le service public coûte tant d’argent à l’État… Parce que les autres chaînes font la même chose… Vous ne voyez pas une grande différence. Or dans un endroit vous mettez 4 milliards, dans un autre vous ne mettez rien. Il y a quand même une petite interlocation. »

Repris par le Figaro

« CNews a du succès parce que Cnews dit des choses que les autres chaînes ne disent pas sur la situation financière, Sur un certain nombre de choses comme ça. Hé je pense que c’est bien d’avoir un petit espace de liberté, même si ça ne plaît pas, c’est bien. »

Les mensonges de l’économie

Dans Les mensonges de l’économie, J.K. Galbraith, qui a conseillé plusieurs présidents des USA, et qui n’était pas de gauche, constatait que le secteur privé s’en prend au service public. Rien d’original jusque-là. Sinon que la cause réelle est que le public n’est pas moins performant que le privé. C’est même parfois l’inverse. S’en prendre au service public permet donc de cacher les dysfonctionnements du privé au lieu de le réformer. Regardez de près les propos de Vincent Bolloré : on passe de « quelqu’un » à « quelques personnes, à quelques centaines de personnes ». Des privilégiés qui, allez savoir, s’en mettent plein les poches, vivent en tribu ; alors que dans le secteur privé ce n’est jamais le cas. Et que « les gens au-dessous » sont très bien payés. Mettre en balance le service public et les agriculteurs associés aux pêcheurs relève d’une confusion volontaire de la pensée. Nous en arrivons à une véritable « interlocation » (mot apparemment inconnu du dictionnaire) !

Liberté, sur mon groupe j’écris ton nom

Un petit espace de liberté. Monsieur Vincent Bolloré est modeste. Il possède les chaînes du groupe Canal+, les salles de l’Olympia, les Folies Bergère, le Théâtre de l’œuvre, le Casino de Paris ; les radios Europe 1, 2… ; Universal Music Group ; l’Agence Havas ; les éditions Fayard, Grasset, Hatier, Larousse… ; Voici, Capital, Le Journal du Dimanche et autres…

Selon Vincent Bolloré, son « empire » n’est qu’un petit espace de liberté. La liberté étant le thème du Printemps des poètes, Vincent est un poète avec lequel c’est toujours le printemps. Nicolas Sarkozy avait séjourné en 2007 sur un yacht censé appartenir au milliardaire. Depuis peu, l’ex-président recherche un petit espace de liberté.