Café
9 janvier 2026Revenant chez lui un petit matin bourré comme un coin, Blondin explique à son épouse : « Chérie, ce n’est pas de ma faute, je n’ai pas trouvé un seul café fermé. » En septembre 2024 paraissait le Dictionnaire amoureux des cafés de Jean-Marie Gourio. L’excellente collection de Plon donne des ouvrages volumineux. Impossible donc de rendre compte de l’ensemble du livre. Mais tout y est. C’est ce que dit la 4° de couverture. « Laisser les mots venir.. Tous m’ont répété des choses que j’avais gardées précieusement en tête…des détails qui m’avaient ému, des événements qui m’avaient frappé, des gestes, des odeurs, des objets, des lumières, des cris…le temps. » (Photos © Christophe Rassat)


L’air du temps
Parmi les entrées relevées, amitié, intégration, discuter (débattre, argumenter, ergoter, bavarder, communiquer, converser, deviser, dialoguer, parler…). À l’entrée asticot, on lit — « Un sancerre et une mesure d’asticots » Suivent des noms d’établissements moitié café, moitié boutique. Y parler de pêche, de passer le temps. » Au Café des Pêcheurs, le vin fait aimer l’eau. »
Et l’écriture
Baby-foot, flipper, formica, juke-box posent le cadre, avec les œufs durs et les cacahuètes. Le cabas complète. Au mot amitié répond la baston. Les cafés et les terrasses forment un mode de vie. On y rencontre même des écrivains : Bukowski, Sartre, Simone de Beauvoir, Hemingway, Pessoa, Brassens, Prévert…
Dans son Dictionnaire amoureux des livres et de la lecture d’août 2025 Pierre Assouline enchaîne : « Cafés : Café Society ou Bistro des copains, Cabrería El Péndulo, café San Marco à Trieste où l’on est sûr de croiser Claudio Magris attablé tous les matins. Khan el-Khalili au Caire où l’on trouvait quotidiennement Naguib Mahfouz lorsqu’il n’était pas au El-Fishawi ou au Café Riche, Café Central à Vienne où survit l’âme de la Mitteleuropa dans une nostalgie entretenue par le tourisme…. »
Santé !
Le livre de Jean-Marie Gourio fait place au fameux « Santé ! » et à la philosophie de comptoir, mais ni aux toilettes, ni à l’urinoir ! Terminons par cette citation de Raoul Ponchon : « Quand mon verre est vide, je le plains ; quand mon verre est plein, je le vide. » Et par une remarque : le nom de ces établissements vient de ce qu’on y a d’abord servi du café, celui des restaurants parce qu’ils restaurent. Seule l’Assemblée nationale divise et ne correspond pas à ce qu’annonce son nom.
