Contrat, accord, deal et compagnie

Contrat, accord, deal et compagnie

25 janvier 2026 0 Par Paul Rassat

Dans À mots découverts, Alain Rey rappelle : « Le contrat, contractus en latin, suppose une pluralité de volontés, puisque le mot dérive du verbe contrahere, formé sur cum et trahere : «  tirer ensemble ». Ce que l’on contracte, on le « tire à soi », et le contrat est une traction réciproque : on ne contracte pas mariage tout seul…Il arrive que la gouvernance ressemble à la raison du plus fort. Le contrat, alors, pourrait renvoyer à un autre emploi du verbe contracter. Nous contractons un gouvernement comme on contracte une maladie…. »

L’accord

L’accord est moins formel que le contrat. Le premier relève souvent de la loi, le deuxième peut être simplement moral. Entre les deux, cette pratique aujourd’hui malheureusement disparue : se taper dans la main pour sceller un accord. C’est ce que faisaient les paysans, les maquignons pour conclure une vente. Il n’y avait pas de mots écrits tout petit pour tromper l’un des contractants.

 Le deal

Reste le deal, qui semble être un accord gagnant / gagnant, mais qui inclut bien souvent un perdant. C’est le cas avec la politique étatsunienne bien trop souvent. La traduction de deal en français pose problème à cause de l’invasion des séries étatsuniennes. On y entend en traduction française : «  On avait un accord. » Et aussi souvent «  On est une famille. » L’accord est mis à toutes les sauces. Une formule tirée du film Le Parrain réunit le contrat et l’accord ainsi : «  Je vais lui faire une offre qu’il ne pourra pas refuser. » Mais il arrive que Le cave se rebiffe. Reste «  On est une famille ».

Jeu des sept familles

Dans le jeu des sept familles revu version  actuelle, on a tout d’abord la famille Trump.  Le père est  celui qui devient Sleepy Donald, après avoir voulu à tout prix remplacer Sleepy Joe. Quand le vizir est devenu calife à la place du calife le pire est à craindre. La mère,   Mélania Trump ? Il semble que la photo de son portrait officiel comporte quelques retouches. Elle a été refaite comme son époux nous refait. Quant aux enfants, au nombre de cinq, il semble qu’ils soient intimement mêlés aux affaires que chasse le vieux lion : Barron, Ivanka, Tiffany, Donald Junior, Eric. Sans oublier le gendre Jared  Kushner. Et afin de souligner que la tribu Trump est une vraie famille, rappelons cette formule du patriarche : « Si Ivanka n’était pas ma fille, je sortirais peut-être avec elle ! Je trouve qu’elle a un joli visage. »

La dimension morale du terme montre à quel point il est difficile d’obtenir un accord avec D.T. Quant à mettre un contrat sur la tête de quelqu’un!