Coquille

Coquille

22 mars 2026 0 Par Paul Rassat

Bien qu’il n’y ait aucun lien étymologique, et justement pour cela, est-il possible de considérer que le mot coquille est une coquille du mot couille ? Ou l’inverse. Pourquoi cette question testiculaire ? Dans le bus, cette jeune fille bien habillée, coiffée, maquillée regarde son téléphone. Ses pieds confortablement chaussés sont posés sur le siège qui lui fait face. Sa valise et son sac sont disposés de façon qu’elle occupe à elle seule 4 places. Arrivent deux passagères, qui regardent dans sa direction, hésitent, et vont s’asseoir ailleurs. Il y a de la place, heureusement. Je demande à la jeune fille de ne pas poser ses pieds sur le fauteuil, lui fais remarquer qu’elle occupe 4 places. Réponse : « Je m’en bats les couilles. »

Je la prends donc en photo, pour voir sa réaction. Je n’ai pas le droit, elle s’y oppose. Je lui fais remarquer : « Vous faites ce que vous voulez, je fais la même chose. » L’habit ne fait ni le moine ni la classe. Ne généralisons pas et ne condamnons pas les « jeunes ». Hier, sur la même ligne, une jeune fille insistait pour laisser sa place assise à une personne âgée. Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas.

Le bus, ou autobus, est littéralement le « véhicule pour tout le monde ». À rapprocher de Volkswagen, la voiture du peuple voulue par Hitler. Décidément, les choses ne sont jamais simples. « Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? » se demande-t-on. Et un battement de couilles dans un bus, que traduit-il ?

Histoire de bus

Liaison de bus régionale. Au bruit du moteur s’ajoutent le téléphone du passager voisin, les klaxons des voitures avant la sortie de la ville, la radio du bus. Une passagère mange en consultant son téléphone. Elle laissera serviette et récipient qui contenait sa salade. Dehors passe une jeune femme enfermée dans sa bulle, téléphone à la main, casque sur les oreilles. À la gare les informations concernant le lieu de départ du bus sont inexistantes. Les agents sont étonnés que vous ne les ayez pas : c’est tellement évident ! Sur le quai, sur le bus, aucune information non plus. À la sortie de la gare routière, une banderole publicitaire : « Demandez-nous la lune. » Un jeune homme traverse devant le bus, happé par son téléphone qui le propulse en avant. Un camion Les déménageurs bretons, la confiance a un nom, barre brièvement la route. Derrière moi, un geek massacre son clavier. Sur les trottoirs et la chaussée les trottinettes trottinent. Nous laissons derrière nous les Bouchons lyonnais et ceux de la circulation.