Coups de langue
10 avril 2026Quelques coups de langue relevés ici ou là. Surtout là.
Promettre
D’après la radio « Israël a promis d’intensifier les frappes sur le sud Liban. » Si, à l’origine, le verbe promettre signifie « annoncer publiquement, s’engager à », cet engagement a pris peu à peu la connotation positive d’un espoir. « Je te promets de faire tout mon possible », par exemple. Or, la promesse de frappes intensifiées et de morts annoncées ne relève pas vraiment de l’espoir. Il aurait peut-être été plus adapté d’employer le verbe « menacer ».
Code(s)
Le code, lui, vient du latin caudex ou codex, le tronc de l’arbre et une tablette de bois. Recouvertes de cire sur laquelle on écrivait et reliées entre elles ces tablettes firent les premiers livres. Par la suite le code est devenu un ensemble de règles, de lois partagées. Secret, le code a permis de gagner des guerres. Jules César en utilisait déjà un. Mais trop de codes figent la société. Alors on a parlé de changer de paradigme, de bouger les lignes, de casser les codes. Désormais si tu n’as pas le code, il t’est impossible de rentrer dans un immeuble. Si tu n’as pas les codes tu es inadapté.
On
« On, c’est un con » disait un professeur à la faculté de Lettres d’Aix en Provence autrefois. Se réfugier derrière un « On », c’est refuser de prendre parti ; une forme de lâcheté. Ceci peut devenir un tic. Comme cet animateur qui à la radio demande à son invité « Comment on fait pour préparer un rôle ? » L’animateur s’adresse à une personne précise pour lui demander comment elle procède elle-même. Incarner un personnage est une affaire à la fois professionnelle et personnelle, voire intime. Alors que vient faire ce « On » dans l’histoire ? On est vraiment un con ! D’autant plus que le même animateur truffe assez souvent son propos de « Pardon mais… »
