David Lisnard, le poids du libéralisme
14 octobre 2026Voici quelques phrases prononcées par David Lisnard. On pourrait relever qu’elles sont coupées de leur contexte, mais la récurrence de certains thèmes forme sens.
Il est libre, David…
« Quand on me dit « libéral », j’y vois un compliment. » « Il faut retrouver le plein exercice de sa liberté. » « La liberté n’est pas l’ennemi de la démocratie, c’en est la condition, la condition incontournable. » « Je suis pour la liberté communale, la responsabilité communale. » « La seule façon d’avoir moins de prélèvements obligatoires et un meilleur service public : c’est la responsabilité individuelle, y compris de l’habitant qui doit être concerné par la dépense. » « La France doit redevenir un pays de liberté, de responsabilité et de propriété. » « Il n’y a pas de liberté sans responsabilité. »
À l’opposé de la liberté, le « social-étatisme ». « J’ai envie que mon pays change de politique, fasse une rupture avec ces 40 années de social-étatisme qui nous plombent. » Comment appeler les aides permanentes de l’État aux entreprises, quelle que soit la couleur politique du gouvernement ? Si le libéralisme fonctionnait, nous le saurions.
Liberté chérie
Revenons sur cette notion de liberté si chère à la droite. L’égalité serait de gauche. La devise de la France unit indissociablement « Liberté, Égalité, Fraternité » Les trois piliers de David Lisnard sont, eux« Liberté, Ordre, Responsabilité. » La liberté n’a de sens qu’associée à l’égalité et à la fraternité. L’ordre ? Lequel ? Celui des forces qui le défendent ? Celui, nouveau, que souhaitent les lycéens ? En soi, le mot « ordre » ne signifie rien. Il est souvent au service du plus fort, comme chez La Fontaine. Responsabilité ? Celle de « l’habitant qui doit être concerné par la dépense. » C’est donc à ce stade que s’inscrit la responsabilité de « l’habitant » (et non du citoyen). Il est responsable des dépenses. Qu’en est-il des décisions ? Qui en est responsable ?
Voir renaître une droite qui n’est pas morte
Couverture de Paris Match. « La droite renaît-elle vraiment ? ». Est-ce une vraie question ? Une question rhétorique qui vaut affirmation ? Notre époque exige de rebondir, de se recréer, de renaître. Renaissance ne fut pas vraiment une renaissance réussie. Se pose alors la question « La droite renaît-elle vraiment ? » que pose Paris Match. La droite, cependant, n’est pas morte. Elle gouverne à l’Élysée, au Sénat. Faudrait-il alors comprendre que la droite devrait renaître afin de ne pas extrêmement renaître ? Toute la page de couverture du magazine relève davantage de la propagande, d’un désir de discours auto prédictif. Les procédés utilisés sont lourds comme un matraquage. « Le poids des mots, le choc des photos ». La rhétorique publicitaire de cette page de couverture abuse des possessifs, des répétitions, de l’opposition entre « moins » et « plus ». Annoncer une renaissance avec des outils éculés, est-ce bien judicieux ?
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Cette couverture relève d’autant plus de la démarche publicitaire qu’elle affiche en grand « Il se passe quelque chose ». « Il se passe toujours quelque chose aux Galeries Lafayette ».
Quels que soient les idées et les candidats défendus, ne vaudrait-il pas la peine d’adopter une démarche intelligente ? À droite comme à gauche ou au centre.
