Demandez le programme !
8 février 2026Demandez le programme sur la culture annécienne !
Regard très partiel sur la réunion tenue le 6 février 2026 à la Fondation Réal par Antoine Armand et Hugo Roux. Il était question de leur programme culturel en vue des municipales de mars prochain. La salle était comble, un certain nombre de personnes debout. Au-delà du programme lui-même, que vous retrouverez facilement, il faut signaler l’équilibre entre les propositions, l’écoute, le temps consacré à l’expression des acteurs de la culture à Annecy. Un réel besoin d’être entendu apparaît. Il traduit une forme de frustration et d’impatience.
Créer un tissu
Depuis un certain nombre d’années que Talpa suit la culture l’impression s’est imposée que celle-ci n’est dans la « Petite Venise des Alpes » qu’une juxtaposition d’actions, d’événements qui parfois se chevauchent et que la municipalité se contente de constater. La notion de vision semble en être absente. Outre les mesures avancées par Antoine Armand et Hugo Roux, il y a la volonté de créer un « tissu ». L’image est intéressante ; ce qui rend isolants nos vêtements, par exemple, ce n’est pas la maille que l’on voit mais l’air impalpable qu’elle retient . Le tissu est fait aussi d’invisible, d’éléments difficiles à estimer à tous les sens du terme. Impliquer les Annéciens, comme au temps des « Nuits théâtrales » au château d’Annecy sous la direction de Gabriel Monnet, relancerait la culture populaire au meilleur sens du terme. Bonlieu Scène Nationale et le Festival du Film d’Animation ne doivent pas occulter tout le « tissu » évoqué plus haut.
Un nouvel élan culturel ?
La question a été posée ; comment financer un nouvel élan culturel ? En rationnalisant les démarches, en activant au bon moment les leviers à l’échelon départemental, régional et national. Glanés au fil des échanges, ces verbes : simplifier, aider, relier, coordonner, diffuser, communiquer, renforcer, rééquilibrer, réactiver… en comprenant la mémoire culturelle de la ville.
La culture pour tous
Dans les politiques culturelles récentes on parle souvent « d’aller vers… » souligne Antoine Armand. Je me permets de dire que ce terme me gonfle. Il renferme en réalité toute une condescendance, un imaginaire qui évoque un parachute ou une lumière qui va descendre, être révélée. Par qui ? Les prescripteurs culturels ou autres….
Hugo Roux citait à la fin de cette rencontre « l’héritage des Marquisats ». L’héritage des maquisards des Glières qui sont descendus avec un idéal. Si l’on ne veut pas que ce qui s’est passé en 39/45 se reproduise, il faut faire de la culture l’un des fers de lance de la politique municipale, non seulement à l’échelon des communes déléguées, mais pensée à l’échelle de chaque rue, de chaque quartier, particulièrement des quartiers prioritaires avec l’appui, notamment, des MJC et des centres sociaux. Ceux-ci doivent être des portes d’entrée vers l’univers culturel afin que tous puissent en profiter.
Hugo Roux de citer un texte de 45 qui tente de définir une politique culturelle pour Annecy : « La culture n’est pas une chose qu’on achète mais un acte, l’acte par lequel l’homme devient humain car la civilisation n’est pas inscrite dans notre programme génétique. Chaque génération doit refaire tout l’apprentissage avec les chances de progrès et les risques d’erreur que cela entraîne. La culture est toujours une aventure. »
Il paraît qu’à la question : « Que pensez-vous de la civilisation occidentale ? Gandhi aurait répondu : « Je pense que ce serait une excellente idée. »
Le chemin de la culture dans la ville d’Annecy apparaît comme aussi ouvert que le champ de la civilisation occidentale vue par Gandhi. Loin de la vitrinisation voulue par l’ancien directeur de Bonlieu Scène Nationale escorté de nos élus.
Dans son livret Indignez-vous Stéphane Hessel rappelle les principes du Conseil National de la Résistance. Il notait: » De ces principes et de ces valeurs, nous avons aujourd’hui plus que jamais besoin. »
