D’encre, d’or et d’azur

D’encre, d’or et d’azur

27 janvier 2026 0 Par Paul Rassat

Marie-Hélène Legrand-Bulle expose du 31 janvier au 28 mars 2026 chez Artekné ( Bonlieu / Annecy). Rencontre avec l’artiste pour présenter D’encre, d’or et d’azur.

Pourquoi ce titre ?

Mes dessins sont en général tous réalisés à l’encre, je lui ai associé l’or, une couleur que j’aime, et l’azur parce que tout ce qui est aquatique est mon univers. La fusion de l’azur céleste et de l’onde est intéressante. Mon enfance niçoise est liée à la présence de la mer.

Ton travail offre beaucoup de mouvement, comme si, fixé sur le support, il était encore en devenir, en extension.

Ma création en général est une extension. Elle ne cesse d’évoluer, de changer, d’inventer, d’imaginer. Je vois la vie comme une progression incessante, la création aussi. Certains personnages endormis, pensifs, éveillés habitent mes œuvres. Elles ne sont pas réalistes mais une interprétation poétique de la réalité. Ces œuvres suspendues ? Ce sont les Poissons du vent qui ne sont plus dans l’eau mais dans l’air. Encore une sorte de fusion entre les éléments, qui participe d’une forme de synesthésie poétique.

Tu aimes entremêler les formes, les univers.

Cette œuvre ? Elle est un intermédiaire entre le milieu aquatique, les cellules qui nous composent, l’organique, les sources de la vie.

L’ensemble donne l’impression d’un ailleurs.

Quand je travaille je suis dans une sorte de lévitation, d’isolement par rapport à ce qu’il y a autour. S’installe une relation non pas avec le monde réel mais avec ce qui n’est pas visible mais qui est en moi. Je fais des liens entre le minéral, le végétal, l’organique, l’humain… Habituellement mes créations artistiques sont très colorées ; ce n’est pas le cas ici. Ce que j’expose a correspondu à un moment, à un voyage.

Il en ressort l’impression d’un mouvement paisible.

D’un mouvement en profondeur. Creuser permet d’atteindre un noyau mystérieux qui se trouve à l’intérieur de chaque être. J’expose un travail réalisé à partir des filaments cosmiques, que j’ai découverts à l’occasion d’une conférence tenue par une astrophysicienne.

On dirait un réseau de nerfs, de fibres…

Ce sont des filaments cosmiques qui composent notre univers. Autour de ceux-ci s’agrègent des galaxies. Notre univers est fait de ces filaments, qui apparaissent comme des cheveux, comme des nerfs. Leur représentation permet de passer de l’infiniment grand à l’infiniment petit, à l’invisible qui est en nous. À l’infime et au miracle de la vie. À la beauté du monde que chacun peut trouver dans le calme et dans l’observation. Le regard est important. Beaucoup de mes personnages ont les yeux fermés, ils méditent ; d’autres ont les yeux bien ouverts.

L’installation organise des vis-à-vis entre les regards ouverts et ceux qui sont tournés vers l’intérieur. Nous les traversons et finissons par y participer.

De l’art plastique à la musique

Concert samedi 7 février à Sainte-Bernadette ( Annecy)
7 violoncellistes pour un répertoire varié :

Piazolla, Vivaldi, Ennio Morricone, Schubert, Britten & Metallica !

Le samedi 7 février à 20 h 

Église Sainte-Bernadette

Participation libre