La république

La république

24 février 2026 0 Par Paul Rassat

Odon Vallet : « Le mot peuple n’a, en latin ( populus), pas d’adjectif. Pour dire «  populaire », la langue de Cicéron a donc choisi un terme, publicus, qui est l’adjectif de pubes, nom féminin désignant les poils de la puberté…notamment ceux du pubis et nommant ainsi la population mâle adulte qui porte ces poils. C’est donc un mot féminin qui désigne un groupe masculin. »

L’auteur remarque que la pilosité n’est pas toujours un signe d’attachement à la république.

Au poil

Pour les Romains, « la res publica »littéralement  la « chose du poil », était la propriété de la pubes, cette collectivité des hommes pubères en âge de porter les armes et de voter les lois. La question de l’âge ressurgit avec toutes les accusations qui pleuvent sur les « baby boomers » coupables de toutes les turpitudes. Il faut des hommes jeunes, et puisque « la femme est l’avenir de l’homme », des femmes jeunes elles aussi. Ou qui le demeurent.

La république, c’est qui?

Pris d’un irrépressible élan, Jean-Luc Mélenchon déclara un jour : « La république c’est moi ! » Si c’est effectivement lui, reste-t-il de la république pour les autres ? Il est vraisemblable que oui. L’expression se voulait une personnification, voire une allégorie propre à frapper les esprits. En réalité nous sommes toutes et tous la république puisque celle-ci, justement, est publique.

L’arrêt public

Après, on peut jouer sur les mots.  Il semblerait que la France et sa démocratie soient en ce moment à l’arrêt public. C’est embêtant. On attend un redémarrage du budget, de l’économie et de tutti quanti. Les Situationnistes pensent que l’art est public. Foin des musées, des expositions et des festivals !  L’art est dans la rue, à chaque instant. La raie publique, elle,  peut prêter à confusion. Chacun y mettra  son interprétation, sa sensibilité, la placera au centre, à droite ou à gauche. On la cuisinera au beurre noir avec des câpres, en salade. Attention cependant à éviter les poils dans la salade.

PS

On comprend mieux pourquoi des journalistes avaient demandé à Nicolas Sarkozy si, en se rasant, il comptait se présenter à la présidence de la république. N’ayant pas voulu se couper, il avait d’abord différé sa réponse.