Marcher

Marcher

27 juin 2026 0 Par Paul Rassat

Marcher consiste d’abord à laisser une empreinte, une trace. L’anglais march, territoire frontalier, partage la même origine. En marchant, on crée un chemin dont les traces pourraient mener vers les marges de la pensée et de la création.

— Ça marche ?

La marche du poète

MARCHER

Le mot marcher

Est mon mot favori :

Sa pauvre gloire alimente

La rage de mon sang.

Ainsi m’est donné un long

Chapelet de mots

(Oued, Erg, Piste, Bivouac, Nuit,

Enfance, Oasis, Palmeraie)

Et ces mots n’ont de cesse de

Chanter dans mes veines

Joël Vernet

Lettre d’Afrique à une jeune fille morte,

Éditions Fata Morgana

On ne marche pas. On attend et on

cherche un chemin. Des yeux.

Allongés sur un tas de bambous qui

pourrait ressembler à un lit. Du cœur.

On attend., à la dérobée, le chemin

introuvable faisant de nous des

égarés. — On s’est mis vraiment dans

de beaux draps. On éclate de rire

en brûlant le pétrole de notre petit

réchaud tandis qu’un compagnon

déballe son matériel de pigments et

de papier, comme pour immortaliser

la scène tout à fait imprévue. On

palabre, on murmure. C’est presque

de la colère qui nous tord le nez

dans la poussière. On attend

Ça, c’est le point fort du voyage.

Avoir sa réserve de patience dans le

Sang. Sinon, on peut rester chez soi

Et accomplir le tour de la

Chambre.

Joël Vernet

Petit traité de la marche en saison des pluies,

Éditions Fata Morgana

Marcher ensemble

Dans l’exposition La peau du monde, les toiles de lumière et les toiles de terre de Jean-Gilles Badaire marchent bien ensemble.