Né à

Né à

10 février 2026 0 Par Paul Rassat

On m’écrit de Cluny, ville que j’apprécie. « Ici à Cluny aussi, l’argument commun de ceux qui  présentent leur liste c’est « Je suis de Cluny », ou «  Je suis né à Cluny » ou «  Je suis revenu à Cluny car… » Et après ? Rien. Ah si : «  On vous écoute. » Même ceux qui se réveillent après si ans de mandat… » Talpa avait évoqué « l’esprit village » qui fleurit sur les rives d’Annecy. Le village, les cloches..ding dong. Le repli sur le patrimoine. Lors de la restitution en 2017 du travail effectué par deux universitaires devant les élus d’Annecy et des environs, mon maire à moi avait cru bon de dénoncer : « Ce sont les étrangers qui créent des problèmes. »

Les imbéciles heureux

Rappelez-vous les paroles de Brassens :

« Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Maudits soient ces enfants de leur mère patrie

Empalés une fois pour toute sur leur clocher…

Ils plaignent de tout  cœur les malchanceux

Les petits maladroits qui n’eurent pas la présence

La présence d’esprit de voir le jour chez eux… »

Les étrangers

Si Léon Laydernier est né à Annecy et a décidé d’y faire carrière alors que d’autres destinées l’attendaient, rappelons quelques  personnes qui ont installé le socle de la culture au lendemain de la seconde Guerre. Gabriel Monnet, né dans la Meuse, Michel Vinaver, né à Paris ( brrrr !) et d’ascendance russe ! Paul Thysse, né à Metz. Rappelons que les jeunes gens qui ont laissé leur vie sur le Plateau des Glières venaient des 4 coins de France, d’Espagne. Que  l’ascension du Mont Blanc et l’alpinisme doivent autant à des « étrangers » qu’à des Français.

Mouvement

Il est bon de rappeler aussi que l’essence du territoire, ce ne sont pas les évidences apparemment immuables, comme les montagnes, mais le mouvement qu’elles permettent, la glisse, le mouvement de l’eau, l’étagement de la nature. Même l’histoire de la Savoie est faite de mouvement, ainsi que son patrimoine baroque.

Concluons qu’Annecy peut être considéré comme le point de rencontre imaginaire entre Voltaire, qui a résidé aux Charmettes, et Rousseau de qui la rencontre avec Mme de Warens est commémorée par le Balustre d’Or. La raison et la passion !