« Parcours » de Georges Navel

« Parcours » de Georges Navel

21 août 2026 0 Par Paul Rassat

Réédité chez Gallimard, dans la collection « L’Imaginaire, Parcours est un bijou discret. La conception de la couverture lie parfaitement et fidèlement contenant et contenu dans le même mouvement. Ce parcours est celui d’une vie, de la vie et de l’écriture intimement liés. Une écriture qui en est la pâte même. Michel Vinaver disait s’émerveiller du quotidien. Michèle Foucher et Michel Deutsch ont participé à la création du théâtre du quotidien. Georges Navel entretient avec le quotidien une relation profondément poétique.

Un livre ami

Sa langue dit une façon d’être attentive, complice, tendre et poétique, aux gens, à la nature, aux objets. Une unicité qui rejoint l’essence. Un roman, un reportage, un journal, un poème ? Le livre transcende tous ces genres. Il est un ami qui vous tient la main, discrètement compagnie en vous chantant la musique du monde, dans laquelle tout se fond amoureusement. Un monde disparu, éternellement présent par le cœur. Parcours beau et simple. Simple au sens étymologique : qui ne se plie pas, qui se tient droit, dans une relation unique au monde.

Y voir du bleu

« La floraison des fruitiers est tardive chez nous, en montant le coteau j’avais vu les cerisiers en fleurs, cassé une branche pour sentir la sève, humé fort comme pour saisir un secret. Les fleurs pour Dieu, les fruits pour les hommes, tout ce que je voyais me semblait offrande… Il me semblait toujours que plus on s’éloigne, mieux on comprend le fond des choses. La route baignait là-bas dans les vapeurs bleues. C’était là-bas que je voulais arriver, au bleu de la route, où peut-être je pourrais tout comprendre… J’avançais. La merveilleuse couleur gardait ses distances… À l’orée du bois la couleur qui m’attirait avait disparu, derrière le clocher de Mamey le fond de la clairière avait rejoint la ligne lointaine de l’horizon bleuâtre. »