Penser, est-ce un luxe ?
7 février 2026C’est Denis Guedj qui posait cette question dans La gratuité ne vaut plus rien. « Penser, est-ce un luxe ? » Il poursuivait : « Si, par démocratie, on entend ce mode d’être ensemble dans lequel la souveraineté appartient à la totalité des citoyens, sans distinction de naissance, de fortune ou de capacité, la question se pose : la démocratie est-elle possible sans une intense pratique sociale de la pensée ? C’est Deleuze qui écrit : « Penser suscite l’indifférence générale ; pourtant il n’est pas faux de dire que c’est un exercice dangereux. C’est même quand les dangers deviennent évidents que l’indifférence cesse. « Dangereux ? Parce que « penser, c’est toujours suivre une ligne de sorcière ». Et quand la frilosité s’abat, les sorcières, on les brûle. »
De l’importance des mots
Camus écrivait : « Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde. Ne pas les nommer, c’est nier notre humanité. » Il faut donc dire, nommer, et le faire avec justesse. Les glissements de sens amènent, à l’occasion, une élue mise en cause par la justice, à parler de « chasse aux sorcières ».
Défendre son opinion
Denis Guedj, lui, poursuit : « Si je ne peux argumenter, prouver, déduire, faire des hypothèses, les tester, si, face à toi, je ne peux défendre mon opinion, si je n’ai pas les mots pour la dire et les concepts pour la penser et le raisonnement pour l’étayer ( en dehors de traiter une journaliste de « truie » ou de reprocher à une autre de ne pas sourire), ou bien je te casse la tête ( ou t’assomme de droits de douane), ou bien muet, impuissant, ( comme l’Europe divisée) je te laisse encore une fois l’emporter sur moi. Et je perds un peu plus de ma liberté.
La pensée en cercle vicieux
Quelqu’un a écrit qu’un cercle vicieux se caresse dans le sens du poil. On connaît la blague du bûcheron qui demande à l’Indien si l’hiver sera froid. La réponse de celui-ci l’incite à couper encore plus de bois. L’Indien voyant le bûcheron stocker beaucoup de bois fait de même, incitant le bûcheron…qui à son tour…C’est ce qui se produit actuellement avec les armes, et plus particulièrement avec les armes nucléaires.
Denis Guedj terminait ainsi le passage intitulé Défendre son opinion
Optimiste ? Nous le sommes. Car les progrès accomplis sont tels que nous sommes, peut-être, arrivés à ce moment de l’Histoire où l’on va pouvoir répondre à la question : y a-t-il une vie avant la mort ? »
