Phéromones, ruissellement et écologie humaine

Phéromones, ruissellement et écologie humaine

3 juin 2024 0 Par Paul Rassat

Ne serions-nous pas de plus en plus respectueux de l’écologie naturelle ? Il semblerait que oui, même si nos comportements détruisent la planète. Démonstration par les phéromones et le ruissellement.

Les phéromones et les réseaux sociaux

Comment fonctionnent socialement les fourmis ? N’entrons pas dans l’organisation complète d’une fourmilière. Contentons-nous d’examiner un aspect essentiel de leur vie : trouver de la nourriture. Quand l’une d’elles y parvient, elle en rapporte ce qu’elle peut transporter à l’intérieur de la fourmilière. En chemin, elle laisse des phéromones, d’infimes traces odorantes sur le parcours qu’elle suit. Elle indique ainsi le chemin à ses congénères qui font de même. Chaque fourmi laisse des phéromones dont la multiplication renforce l’efficacité. Quand la source de nourriture est épuisée, quelques fourmis font le chemin pour rien, les phéromones s’espacent, puis s’estompent et on va chercher ailleurs.

Phéromones humaines

C’est le principe très naturel que suivent nos sociétés humaines. Comment assurer le succès d’un livre ? En signalant qu’il a déjà été vendu en plus de cent mille exemplaires, traduit en cinquante-trois langues. Une émission de télé ne vaut que par le nombre de spectateurs qui la suivent. Même phénomène pour les films et sur les réseaux sociaux. Plus on y va, plus on y va.  Au fond, nous ne sommes que de petites fourmis qui sniffons le parcours déjà emprunté par d’autres pour subsister. Et comme la fourmi n’est pas prêteuse, la moindre particule de phéromone est négociée au prix fort.

Le ruissellement

Ah, la fameuse théorie du ruissellement tellement décriée par les partisans de l’égalité alors que c’est la liberté qui prime !  Les gros qui bouffent d’abord et les maigres qui évitent diabète et cholestérol grâce aux miettes qu’ils récupèrent . Ce ruissellement est en réalité l’organisation de certaines sociétés animales. Alors, quoi de plus écolo, coco ? Chez les loups, ce sont les animaux dominants, mâle ou femelle qui mangent les premiers. Suivent les autres dans un ordre hiérarchique. Normal ! L’ordre en question s’organise lors de combats permanents. Un membre de la meute en défie un autre plus haut gradé. Le vaincu se met sur le dos, remue la queue, l’autre urine sur lui ou bien autour de lui, et le tour est joué. Les humains ont remplacé l’urine par d’autres instruments de pouvoir mais le fonctionnement est bien le même.

Incompréhension et confusion

Dans la société humaine, nous relevons certaines confusions. Il arrive que les femelles se mettent sur le dos et que les mâles dominants remuent la queue. Ce dysfonctionnement social trouve ses limites actuellement. Il est appelé à disparaître.

Et l’écologie dans tout ça ?

On voit bien, sans être Konrad Lorenz ni Jean Rostand, que le fonctionnement des sociétés animales peut nous apparaître injuste. Le plus fort s’y sert souvent le premier. Il arrive même, comme chez La Fontaine, qu’il mange le plus faible. Si l’écologie consiste à suivre ces modèles «  naturels », on comprend pourquoi elle ne parvient pas à s’imposer politiquement. La droite fonctionne déjà sur ce schéma. La gauche croit en trouver un qui assure plus d’égalité en copiant la nature. On voit que celle-ci se fiche de toute forme de justice.

Nous reparlerons prochainement de ruissellement. À suivre.