L’Anglais comme objet
3 novembre 2024Dans la série Objets voici L’Anglais. Un drôle d’objet.
L’Anglais est un objet de la même manière que Rome chez Corneille qui fait dire à son héroïne « Rome, l’unique objet de mon ressentiment… »
Étymologiquement, l’objet est ce qui est placé devant et frappe nos sens et effectivement, quand le Français romantique veut se pénétrer de l’immensité marine et regarde au loin vers ce qui pourrait entraîner son imagination fertile vers les Amériques, que voit-il ? L’Anglais qui par un abus de pouvoir et un abus linguistique occupe toute la Grande Bretagne, l’Anglais qui, parti de rien, de ces quelques rochers perdus dans l’Océan immense a conquis un empire qui le mena jusqu’aux Indes et vers des contrées desquelles il rapporta force curiosités, dont le thé autour duquel il organisa toute sa vie.
Le thé
Si les cerveaux anglais ne sont pas tous des lanternes, les vessies obéissant au principe des vases communicants se vident à mesure qu’elles se remplissent de la boisson nationale responsable par ailleurs du climat propre à cet ensemble d’îlots. D’où vient , en effet, le smog sinon de cette multitude de nuages de lait qui accompagnent l’absorption de ce liquide fumé, aromatisé, dosé, petit doigt levé ?
La langue
Pour un Français de base, l’Anglais, sujet de sa Majesté, est objet de curiosité, d’étonnement et de blagues qui tentent de se hausser au niveau de l’humour outremanchien étonnamment suscité par l’économie linguistique qui caractérise notre voisin et par sa faculté à emprunter notre vocabulaire pour nous le retourner raccourci comme nous l’avons fait de l’un de nos rois. Ainsi, conter fleurette devient flirter, ou pitchoun se transforme en pitch.
L’Anglais fait court et c’est vraisemblablement pour cette raison que l’Écossais, doublement conquis, porte le kilt.
Le commerce
L’Anglais est aussi un commerçant, un homme d’affaire et un négociateur dans l’âme. D’où le brexit ; oui, s’ennuyant depuis des années au sein d’une Europe dans laquelle il ne se passe pas grand-chose, l’Anglais préfère rentrer chez lui (brexit = Britain exit = « Je m’en vais, je me casse, je me tire… ») pour s’occuper à négocier son départ et, peut-être, à négocier un jour son retour. Mon amour !
On peut donc à juste titre penser que le Grand Breton , cousin du Petit Breton ou du Breton tout court, est un hyperactif qui se fait pisser en buvant du thé pour ne pas se faire chier.
Photo © Christophe Rassat
Yes I do !
Philippe B