Appropriation culturelle

Appropriation culturelle

7 mars 2026 0 Par Paul Rassat

L’appropriation culturelle fait polémique.  Si les échanges culturels , les croisements, l’hybridation et les enrichissements réciproques sont les bienvenus, l’exploitation d’une culture par une autre pose problème.  « L’un des exemples les plus communs d’emprunt culturel est l’emprunt sans réelle profondeur de l’iconographie, de l’art ou des symboles d’une culture. En conséquence, l’emprunt deviendrait, selon le concept d’appropriation culturelle, offensant pour la culture en question. » C’est ce que nous dit Wikipedia.

Affaire d’équilibre

L’enjeu est affaire d’équilibre. Effectivement, utiliser des symboles uniquement dans un but mercantile est condamnable. Est-ce le cas de Picasso et des artistes qui se sont inspirés de l’art africain ? En 2018 Robert Lepage préparait Kanata avec la Troupe du Soleil d’Ariane Mnouchkine. On lui a reproché de ne pas faire jouer d’acteurs autochtones alors qu’il était question de l’histoire du Canada.

Le spectacle a finalement pu être montré, à l’exception d’un épisode. Robert Lepage l’explique :  « Parce que, dans cet épisode, il y a une controverse qui fait écho à celle qu’Ariane Mnouchkine et moi avons dû affronter cet été. Mais ce n’est pas une réponse : elle était dans le projet du spectacle depuis le début du travail. Son point de départ repose sur une histoire terrible : au tournant des années 2000, dans l’Ouest canadien, un homme a tué quarante-neuf femmes, principalement des autochtones démunies qui vivaient dans la rue, droguées ou prostituées. Une peintre de Vancouver, qui n’est pas autochtone, a décidé de faire le portrait de ces femmes. Cela a suscité une énorme controverse, parce que des membres des communautés autochtones ont dit : « Nous n’avons pas eu le temps de faire notre deuil, l’enquête n’est pas terminée, et vous utilisez nos filles, nos femmes, nos mères pour acquérir un capital de sympathie. »
Ce n’était pas du tout dans l’intention de la peintre, qui de plus voulait vendre les portraits pour récolter de l’argent pour les centres de femmes à la rue. Son geste a été mal interprété, et depuis, le débat ne s’est pas éteint. Il pose une question qui m’intéresse depuis longtemps : en tant qu’artistes, qu’avons-nous le droit de dire ? De faire ? Peut-on parler, et comment parler d’une chose qui nous touche ? À partir de quel moment la question de l’appropriation culturelle devient-elle la continuation de la colonisation, ou au contraire, une façon d’universaliser une histoire ? »

Solution

Prochainement cette question de l’appropriation culturelle devrait être réglée. L’IA remplacera les acteurs, doublera leurs voix, écria les scénarios.