Le pouvoir du trou

Le pouvoir du trou

21 avril 2026 0 Par Paul Rassat

Quelles relations entretiennent le pouvoir et le trou ? La question pourrait paraître incongrue, mais l’actualité montre sa pertinence. Le pouvoir du trou est immense.

Le trou

Le trou a déjà été un sujet de réflexion et d’écriture. Il est un vide dans la matière, une cavité naturelle ou non, comme son étymologie le dit : traucum, ouverture, creux.

Le trou peut être de mémoire, un endroit perdu, comme le trou du cul du monde. On le fait sien, on y tombe, on le bouche. S’il dit l’absence, le vide dont la nature a horreur, le trou est aussi l’entrée, l’orifice, le passage. Mène-t-il au gouffre, au néant qui serait la négation philosophique de l’être ? Mystère.

Le trou philosophique

La pratique du golf rejoint cette portée philosophique. Le trou y figure un horizon qu’il faut atteindre sans le voir. De bunkers en trous d’eau, d’obstacles en obstacles il faut parvenir au trou qui représente à la fois le manque qui attire et l’aboutissement.

Si l’on peut y voir une sorte de quête philosophique, la recherche du trou est aussi, psychanalytiquement, ce manque qui suscite le désir. Le parcours de golf peut se concevoir comme une quête, de trou en trou, de parcours en parcours Il est aussi possible d’envisager la pratique du golf comme une segmentation de la vie.

De trou en trou

Récemment Boris Cyrulnik soutenait que Donald Trump n’est pas fou mais psychopathe. Il vit dans l’instant, n’a pour valeur que l’argent, et se contredit sans aucun problème du jour au lendemain. Sa vie se déroule de trou en trou et son horizon fuyant se limite au prochain trou. Sa vision de la sexualité obéit peut-être, elle aussi, à cette approche par le green ou par la chatte. L’ultimatum, je vous le joue en combien de coups ? Birdie, condor ? Ou bien en faisant durer le plaisir. Bogey ?

Le pouvoir de Trump et d’autres est à l’image du golf. De trou en trou, de coup en coup (bon ou mauvais), avec le bon peuple faisant office de caddie. Et même en trichant s’il le faut.

« C’est un trou de verdure où chante une rivière… »

Défoulement

C’est à se demander si l’élection de certaines personnes censées nous représenter ne revêt pas une portée psychanalytique. Mettre en scène au plus haut niveau de la société la honte, le ridicule, l’exagération, la violence, les excès, la perversion que nous n’osons pas vivre nous-mêmes, quel défoulement ! L’élection devient un bon pour pouvoir donné à certains trous du cul qui évacuent pour nous ce que nous n’oserions pas assumer.