Recettes
1 juin 2026De quelques recettes en matière de cuisine, de poésie et de relations sociales.
Tartiflette norvégienne
Le principe de la tartiflette norvégienne est le même que celui de l’omelette norvégienne. Remplacez simplement la génoise qui enrobe la glace par une tartiflette que vous aurez aplatie régulièrement. Utilisez-la pour envelopper hermétiquement une glace aux cèpes. Badigeonnez de blancs d’œufs salés. Mettez au four chaud 5 minutes. Une belle meringue protègera votre tartiflette norvégienne qui gagnera à être flambée au Genépi. Vous obtenez ainsi un plat plus digeste que la traditionnelle tartiflette, et mieux adapté au réchauffement climatique.
Recette poétique
Pour un art poétique Prenez un mot prenez en deux Faites les cuir’ comme des œufs Prenez un petit bout de sens Puis un grand morceau d’innocence Faites chauffer à petit feu Au petit feu de la technique Versez la sauce énigmatique Saupoudrez de quelques étoiles Poivrez et mettez les voiles Où voulez-vous donc en venir ? À écrire Vraiment ? À écrire ? Raymond Queneau
Recette pour éviter les ennuis
Roger Price a écrit Le cerveau à sornettes. Le chapitre 16 s’intitule Comment les jeunes femmes et autres types de femmes peuvent éviter les hommes qui les enquiquinent dans les lieux publics et leur donner une leçon bien méritée. Ce chapitre commence par une formule attribuée à Galilée

Simple comme bonjour. Pour adapter la formule aux lieux privés, il suffit de remplacer g par g2.
Roger Price, encore lui, livre un excellent conseil pour résister à la pression du monde moderne, au stress envahissant. « Ne remettez pas à demain de remettre les choses à demain. » La procrastination est chose sérieuse. À procrastiner la procrastination, on risque de tomber dans le n’importe quoi qui plus d’un en emporta.
Puisque de recettes il est question
Lire ou relire Pourquoi j’ai mangé mon père, de Roy Lewis. « Édouard, le père, génial inventeur qui va changer la face du monde en ramenant le feu ; Vania, l’oncle réac, ennemi du progrès ; Ernest, le narrateur, un tantinet benêt ; Edwige, Griselda et autres ravissantes donzelles…Ces êtres délicieux font le monde autour d’un feu en dégustant des os à moelle… » (4° de couverture). Édouard, trop progressiste, invente l’arc, arme de dissuasion massive. Il va y laisser la vie, tué par le clan qui veut préserver la paix (la tranquillité ?). « Telle fut la fin de père en tant que chair, mes garçons. Et c’était, j’en suis sûr, celle qu’il eût désirée : être occis par une arme (la flèche d’un arc inventé par lui !) vraiment moderne et mangé d’une façon vraiment civilisée… »
