L’enfer
12 juin 2026Pour ça Sartre l’enfer, c’est les autres. Rimbaud écrit je est un autre. Peut-on conclure que je suis l’enfer pour moi-même ? Pas forcément parce que Sartre emploie le mot au pluriel et Rimbaud au singulier. Est-ce le nombre qui fait l’enfer ? Pourquoi pas ? Les autres comme une armée d’inconnus desquels je ne ferais pas partie. S’il y a un seul autre, il peut m’être très proche, au point que je me fonde avec lui. Par l’amour, par exemple. Bizarrement quand l’autre est singulier il ne m’est pas forcément inconnu.
Hé ! le pluriel lui aussi est singulier, il fait nombre, il fait masse, et quand ça fait masse et que les fils se touchent ça disjoncte. Là c’est l’enfer !
Faut-il suivre plutôt Sartre que Rimbaud ? Le premier ne vous emmènera que jusqu’à Saint-Germain-des-Prés. Le second est allé voir très loin en Afrique s’il n’y était pas. « Va voir ailleurs si j’y suis », s’est il dit. S’est-il trouvé ? Je a-t-il trouvé l’autre ? L’autre a il trouvé je ? L ‘envers c’est les autres, surtout quand on se selfie de dos. À moins d’avoir bon dos.
L’envers de l’enfer est-il le paradis ? Suis-je le paradis si les autres sont l’enfer?
