À la Musique

À la Musique

28 juin 2026 0 Par Paul Rassat

Sollicité pour écrire écrire une lettre adressée à la Musique à l’occasion des 41 ans de l’ONJ, Didier Levallet a trouvé la chose étonnante, peut-être discutable dans la forme, mais il l’a prise au sérieux et s’est exécuté. Le projet n’a pas abouti. Peut-être les autres musiciens sollicités n’ont-ils pas répondu. Peut-être le résultat était-il décevant ou s’est-on demandé de quel droit écrire à la Musique. Voici cependant le mot composé par Didier Levallet.

On me propose de VOUS écrire. Quelle idée…Est-ce qu’on écrit à la peinture, à la poésie ? Me méfiant de l’anthropomorphisme, j’écarte (certes avec la considération que ces œuvres méritent…) toutes allégories muséales (Laurent de la Hyre, François Boucher, Gustav Klimt…) comme les statues vous personnifiant ici ou là sur les façades des théâtres, opéras, conservatoires, sous des aspects sans doute aimables – mais figés dans le temps. Et puis, vous enfermer dans une apparence humaine contredit l’élan hors de lui-même que l’humain accomplit en vous faisant advenir. C’est vrai depuis le premier pipeau en roseau jusqu’au plus sophistiqué synthétiseur.

Je tiens à distance toute grandiloquence mais n’invente rien en affirmant qu’il y a du sacré sous toutes ses formes là-dedans.

Et puis, partout, à toutes les époques, vous êtes « ethnique » – oui oui . Mozart produisait de la musique ethnique de cour austro-occidentale du 18ème siècle. Ça remet les pendules à l’heure, non ?

Et moi dans tout ça ? Je fais partie des quelques millions d’humains qui ont voulu entrer dans ce cercle-là. Chacun comme il a pu, mais :

« Tenter sans force, sans armure,

D’atteindre l’inaccessible étoile » (Jacques Brel, « la Quête », in L’homme de la Mancha).

Parce que ça s’appelle le désir.

C’est pour ça que les Talibans vous haïssent et aussi pourquoi l’I.A. croquemitaine ne vous aura pas. »