Le fond et la forme

Le fond et la forme

7 juillet 2026 0 Par Paul Rassat

Quand la forme et le fond se fondent dans la même forme, ceci règle la question du contenant et du contenu qui a tellement agité les milieux de la littérature et de l’art. Le livre d’artiste répond à la question. La calligraphie aussi, l’enluminure, etc.

La question du fond et de la forme ne se limite pas aux domaines de la littérature et de l’art. Elle envahit la politique, le travail, le divertissement et la culture, les activités et les relations humaines dans leur ensemble.

Le livre d’artiste est un moyen d’expression privilégié car il réunit la forme et le fond sans trop dépendre d’une rentabilité qui obligerait à un formatage commercial.

Trois évocations

Mylène Besson

Rencontrée au Manoir de Lucinges pour son exposition « En complicités », Mylène Besson confiait

« Ce sont ces complicités qui me permettent d’offrir ce qu’il y a en moi de plus grave, de plus profond. Elles se jouent entre un plasticien, un écrivain et parfois un éditeur. Le Manoir des Livres de Lucinges se prête particulièrement bien à la présentation des livres d’artistes sur des murs-vitrines spécialement étudiées. »

Bernard Noël

Impressions notées à l’occasion de l’exposition « Un Nous de lumière » consacrée par Le Manoir de Lucinges à Bernard Noël

Il est intéressant de noter que la poésie est une façon d’être, de vivre le monde et soi-même. Elle s’exprime par des images qui peuvent prendre la forme de mots, de dessins, de peintures. Tout se rejoint. Bernard Noël distingue les livres qui comportent quelques dessins et « les livres de dialogue ». Des deux premiers, réalisés avec Patrice Vermeille et Olivier Debré, il écrit : « Ces deux livres m’ont fait entrer dans une dimension que je ne connaissais pas encore, faite d’écriture et de regard intimement tressés dans un échange, un mutuel épanchement de l’un dans l’autre dont je n’ai plus cessé de désirer l’expérience. »

Badaire / Vernet

L’exposition La peau du monde (Cluny jusqu’au 19 juillet 2026) est en elle-même un livre d’artiste qui réunit poésie et peinture (les deux sont-elles séparées ?). On y lit, de Jean-Gilles Badaire « Je me laisse entraîner par / le rêve, et je vole comme les / vautours au-dessus de l’orage ». On y voit aussi des livres d’artiste, dont un n’existe qu’en un seul exemplaire. (Les deux photos viennent de La peau du monde).

Fond forme.