Jazz is everybody’s business

Jazz is everybody’s business

14 juillet 2026 0 Par Paul Rassat

Edito pour un festival, Jazz Campus en clunisois, par Didier Levallet.

Deux harpistes, des flûtes et des harmonicas, un violoncelle en face de trois trombones, un accordéon et des clarinettes, une pianiste japonaise habitant Berlin dialoguant avec un saxophoniste allemand qui vit à Reims, un quatuor de cuivre qui marie Eric Satie avec Thelonious Monk, un musicien africain, un violoniste un peu rock, une chanteuse un peu punk, une guitariste pointue qui dialogue avec un pilier des fest-noz bretons….

Et puis voici la jeune génération (avec plein de jazzwomen…oui) qui fait son miel de toutes fleurs, bouscule les idées préconçues avec allégresse – et heureusement sans aucun remords -, trace sa route sur des terres encore vierges. Mais retrouvons aussi les passeurs aguerris, les conteurs au long cours qui nous visitent de loin en loin depuis quelques décennies. Leur art, toujours ré-affiné et remis en question, témoigne d’une musique en mouvement, toujours en devenir.

Depuis les origines, notre manifestation clunisoise (qui, il faut toujours le souligner, prend appui sur une action de transmission) accompagne au mieux de ses moyens ce qui fait que cette musique reste vivante, en création – à l’opposé d’une conception nostalgique, muséale.

Car c’est bien d’une matière vivante (et avec des vivants !) qu’il s’agit.

Au diable le modèle figé car, comme le chantait dés 1939 Trummy Young dans l’orchestre de Jimmy Lunceford (préféré des danseurs de Harlem) : ‘Tain’t What You Do (It’s the Way how You Do It)« 

* « Peu importe ce que tu fais (c’est la façon dont tu le fais qui compte) ». Une sentence parfaitement adaptée à la définition de la prise parole du jazzman soliste au sein du collectif orchestral et donc de la nécessité de se dire, et non de réciter quelque leçon apprise (on connaît des exemples…). Et, somme toute, cette injonction à être authentiquement soi-même dans son acte dépasse la simple grammaire musicale.

Bon festival.

Didier Levallet.