Ingrid Riollot aux Grandes Heures de Cluny

Ingrid Riollot aux Grandes Heures de Cluny

21 juillet 2026 0 Par Paul Rassat

La guitariste Ingrid Riollot donnait en compagnie de Sinfonia Lumina, dirigé par David Hurpeau, le premier concert des Grandes Heures de Cluny 2026. Le Chœur des Symphonies d’Automne y participait. Si Le souffle d’Éole constituait le thème de la soirée, il nous a parfois emporté bien plus loin, dans un sentiment océanique dépassant le lieu lui-même.

Rencontre avec Ingrid Riollot

Ingrid, vous participiez le 19 juillet aux Grandes Heures de Cluny. Vous dites que le public y est particulier.

Il est extrêmement chaleureux. J’ai ressenti l’énergie de bonheur qu’il recevait à être là, à écouter cette musique dans cette église à l’acoustique somptueuse. L’énergie du public se transmet aux interprètes et dans cet échange se crée toute la magie d’une performance live.

Vous étiez peut-être particulièrement réceptive à cette énergie parce que c’était un retour aux sources, à votre région d’origine. Vous retrouviez David Hurpeau et une amitié de vingt ans. La musique crée des liens et permet de les entretenir.

C’était effectivement un moment très spécial pour moi. J’ai joué avec l’orchestre de Mâcon, la ville où je suis née. Dans le public j’ai reconnu de nombreuses figures qui ont bercé mon enfance. Jouer pour un public que l’on connaît donne une atmosphère très particulière. On a envie de lui transmettre nos émotions enrichies par les souvenirs du passé qui se traduisent en notes de musique.

On se demande toujours ce que signifie le verbe interpréter.

Si j’interprète, c’est que je ne suis pas rentrée dans un processus de création. Je n’ai pas composé l’œuvre mais je dois me mettre au service de ce que le compositeur a souhaité exprimer et transmettre dans sa musique. Bien souvent ce sont des sentiments, la joie, la tristesse, la nostalgie. Celle-ci était très présente hier soir puisque je suis nostalgique de mon passé, d’un pays, aussi, car je vis à l’étranger. C’est mon art, d’interpréter quelque chose que quelqu’un d’autre a souhaité transmettre, mais avec mes émotions, avec mes souvenirs, mon vécu.

Le retour aux sources est aussi une expansion à laquelle participe le fait que vous êtes trilingue français, anglais, guitare.

Et même quadrilingue avec l’espagnol ! La musique est un langage, c’est vrai ! Elle est pour moi le langage de l’âme.

Ingrid Riollot maîtrise ce langage comme une artiste qui sculpte la matière.

[Photos site © Ingrid Riollot, et aux Grandes Heures 2026]