Contrôle ( aux frontières)

Contrôle ( aux frontières)

12 août 2026 0 Par Paul Rassat

À la suite de l’arrivée massive de migrants venus par la mer en Espagne les réactions se font vives. Sur les 50 000 personnes entrées en Espagne, 37500 seraient déjà reparties au Maroc. 57 ont perdu la vie dans cette tentative. Une sorte de sélection naturelle en somme. En accéléré. Hors de tout contrôle aux frontières.

Gaby, Jean-Luc, Laurent et les autres

Gabriel Attal demande « d’engager un rapport de force inédit vis-à-vis des pays tiers et des réseaux criminels de passeurs ». Jean-Luc Mélenchon soutient « Plutôt que d’instrumentaliser la situation (…) nous devrions demander une coordination européenne pour de l’aide humanitaire ». Laurent Nuñez demande un renforcement des contrôles à la frontière. Le RN dénonce la passivité, voire la complicité du gouvernement espagnol. Trump s’immisce à l’intérieur des frontières démocratiques françaises et menace « Ce sera nous dans trois ans [après la prochaine élection présidentielle] si le mauvais camp l’emporte ». [Les citations sont extraites du Monde]

Brrrrrr !

Si la frontière est perméable, poreuse, mouvante comme ces lignes que l’on nous promettait de bouger, où va-t-on ? Si la frontière entre les partis politiques nous perd dans de nouveaux repères, qui sommes-nous ? Pour qui votons-nous ? Passé du Front au Rassemblement le National quitte-t-il l’extrême droite pour rejoindre la droite ? Qui elle-même bouge vers la droite. On s’y perd ! On s’y perd d’autant plus que lorsque le Rassemblement était le Front, les choses était claires. Le front et la frontière partagent la même étymologie. Mais dénoncer des gens qui se rassemblent pour passer ensemble une frontière afin de survivre, c’est contradictoire.

Frontières morales

D’un côté un parti qui fait tout pour effacer ses frontières idéologiques, de l’autre ce même parti qui dénonce les gens qui passent les frontières par désespoir. C’est étonnant. Bien sûr, « la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Mais à contenir cette misère à l’intérieur des mêmes frontières, celles-ci risquent d’exploser un jour.