Paume, paumer

Paume, paumer

2 septembre 2026 0 Par Paul Rassat

Paumer c’est au XIII° siècle « « toucher de la main le livre saint en guise de jurement ». C’est aussi frapper avec la main, perdre son temps, perdre au jeu, se perdre, se fourvoyer, s’égarer dans un bled paumé. La paume vient du latin palma, le creux de la main. D’où l’ancienne mesure égale à la largeur de la paume de la main. Et le « jeu, sport qui consistait à se renvoyer une balle avec une batte ou une raquette de part et d’autre d’un filet et suivant des règles précises dans un lieu aménagé à cet effet. Longue paume (en plein air) ; courte paume (en lieu clos). La salle du jeu de paume est la salle où se pratique ce jeu. La paumée est « l’engagement conclu par des contractants qui se frappent la paume de la main. »

Le Serment du jeu de paume

À lire sur le site de Versailles. « Afin de résoudre la grave crise financière que traverse son gouvernement, Louis XVI convoque au printemps 1789 les États Généraux, c’est-à-dire la réunion des trois ordres : clergé, noblesse et tiers état. Les députés du tiers état espèrent des réformes. Rapidement déçus, ils refusent de se soumettre au pouvoir royal.

Refusant de siéger par ordre, ils s’allient avec quelques députés du clergé et de la noblesse et se constituent solennellement en Assemblée nationale le 17 juin 1789. Le roi tente de s’opposer à cette Assemblée en faisant fermer la salle des Plaisirs, Service en charge des plaisirs du roi. à Versailles, où elle se réunissait. Trouvant porte close le 20 juin, les députés se rendent dans une salle proche où l’on pratiquait le jeu de paume, ancêtre du tennis, jeu de balle à main nue ou gantée ou à raquette. et y prêtent le fameux Serment du Jeu de paume :

« Nous jurons de ne jamais nous séparer et de nous réunir partout où les circonstances l’exigeraient, jusqu’à ce que la Constitution du royaume fût établie et affermie par des fondements solides. »

Le vocabulaire du jeu de paume

Dans Souvenirs d’un enfant de la balle Denis Grazdanovitch rappelle que Paris compta deux cent cinquante jeux de paume à la fin du XVII° siècle. L’engouement pour ce jeu fut tel que deux édits royaux en interdirent la pratique aux étudiants et aux artisans durant la semaine. Du jeu de paume il reste le serment mais aussi tout un vocabulaire. Épater la galerie, c’était réussir un coup qui provoquait l’admiration des spectateurs massés dans la galerie d’où ils suivaient la partie. Rester sur le carreau, tripot viennent aussi du jeu de paume. Comme « qui va à la chasse perd sa place ». La visite du château de Lourdon, Castel Lordo près de Cluny confirme l’importance du jeu de paume. L’acharnement d’un ensemble de passionnés a permis de dégager des ruines un espace où se pratiquait cette activité. Vraisemblablement le plus grand de France. Ce jeu de longue paumé s’était paumé ; on l’a retrouvé. Il raconte une partie de l’histoire de Cluny, de l’Abbaye.

Martyr

Lors d’une visite guidée, un enfant demande ce qu’est un martyr. Un visiteur, professeur d’histoire, lui répond brièvement. Sa réponse ne mérite pas de rester dans les annales. Il aurait pu être possible de dire qu’un martyr souffre d’abord le martyr pour le devenir. Mais ceci aurait ouvert des débats infinis et la visite en aurait souffert.

Un martyr est une personne qui endure un supplice menant éventuellement à la mort en raison de croyances ou de valeurs qu’il défend. « Personne à qui on a infligé des supplices et/ou la mort parce qu’elle a refusé d’abjurer sa foi. », d’après le dictionnaire. Étymologiquement le martyr est un témoin de Dieu. Un temps, le martyr se nomme martre, d’où Montmartre, le mont des martyrs. Dans une leçon d’histoire, l’élaboration d’une religion, un mouvement politique, le martyr est bienvenu. Il apporte du poids à la chose. Il incarne les valeurs qu’il porte.

Mémoire

Lors de la visite dont il est question, celle du Castel Lordo, Brigitte Perroud dit que « Les lieux gardent leur mémoire. » À quoi sert de travailler des ruines sinon à retrouver cette mémoire que les lieux gardent pour eux et pour nous ? Au pied du chemin qui mène à Castel Lordo, une stèle mentionne l’exécution de deux martyrs par les Allemands. Ne paumons pas la mémoire.