Artgenève 2022 du 3 au 6 mars

Artgenève 2022 du 3 au 6 mars

5 mars 2022 Non Par Paul Rassat

Au cœur de l’écrin feutré suisse d’artgenève, on a plaisir à retrouver les grands noms qui nous rassurent. Hartung, Soulages, Botero solidement ancrés dans notre paysage culturel et artistique. Leur fréquentation, même brève, nous renvoie une image en forme de repère. Nous nous y reconnaissons. Plus loin peut s’étaler, à tous les sens du terme, le vide esthétique et celui de la pensée. Mais aussi la poésie, la provocation, l’humour, l’innovation. L’ambiance helvétique imprègne cette ronde d’une sorte de spiritualité. Nous sommes toujours dans le monde, mais différemment. Là éclatent les couleurs de l’Ukraine, ici la nature recomposée constitue une séduisante fiction.

Regarder et voir

Au gré des allées et des stands, on croise une faune qui arbore les codes gestuels, vestimentaires et esthétiques de son pedigree. Mais aussi un public qui découvre. Qui regarde et ne voit rien, voit sans regarder et est saisi quand il voit au plus profond de lui-même ce qu’il regarde. Une individu de sexe féminin  fait le lien. Savamment vêtue de couleurs et de formes mouvantes, elle ondoie de stand en stand. Ce tableau vivant feint de ne pas voir qu’on la regarde. Mais que regarde-t-elle ?

En rouge, partie d’œuvre réalisée par Jean-Marc Hunt. 193 Gallery.

Voir l’envers

C’est dans les contrastes et dans la distance plus ou moins grande entre nous et ce qui nous touche ou nous repousse que se conforte notre culture et notre goût. Harmonie, confrontation, fusion, friction, rejet. Drôlerie de ce moment qui révèle une méprise. On se rend compte que l’on apprécie davantage l’envers que l’avers de l’immense toile accueillant le public à l’entrée de l’événement !

Les coucous du Club des Créatif.ives.s suisses

Les arbres hybrides de Prune Nourry

L’art aborigène de la Fondation Opale

Apprendre à se voir

« Comment peut-on être Persan ? » demandait Montesquieu. De ce salon naît une question. Comment vor, presque juxtaposés, l’illustration artistique de la théorie des cordes, l’art aborigène, Botero, les coucous suisses réinterprétés ? Réponse. Avec la plus grande sincérité, loin des codes imposés et en se faisant confiance. Alors l’art aide à être soi.