Barbichette
8 juillet 2026« Je te tiens, tu me tiens par la barbichette, le premier qui rira aura une tapette ». Dans l’album Mitterrand et ses ombres (Delcourt 2021) Patrick Rotman et Jeanne Puchol montrent à quel point le mécanisme de la politique entrelace toutes les barbichettes dont les poils poussent à tous les responsables politiques.
L’attentat de l’Observatoire
Les 2 auteurs remontent la chaîne qui a mené au fameux attentat de l’Observatoire ayant visé Mitterrand. Et sur cette chaîne se greffe la trame de nombreuses péripéties. Le tout réunit dans ce jeu de barbichettes François Mitterrand, Michel Debré, Salan, de Gaulle, Mendès France et bien d’autres. Le principe, pour certains étant de se faire passer pour glabres et de faire porter la barbe et le chapeau à d’autres. Ce fonctionnement apparaît comme l’une des bases de la politique. « C’est pas moi, c’est lui…C’est celui qui dit qui l’est…Responsable mais pas coupable. »
Posture imposture
Les postures politiques sont celles qui se prêtent le mieux à l’imposture. À jouer un rôle, on peut facilement en changer. La référence aux « valeurs » équivaut au tour de passe-passe du prestidigitateur qui maintient l’attention en la détournant. Parfois la barbichette craque, parfois elle est postiche. Les menaces et dossiers de Jacques Médecin ne lui ont pas éviter l’exil. L’affaire Boulin ? François de Grossouvre ? Jean de Broglie ? Joseph Fontanet ?
Glabreté politique
Ce jeu des barbichettes, des postures et des impostures constitue un véritable frein à l’évolution du pays. Chaque fois qu’une affaire surgit, les incriminés (Fillon, le Pen, Bardella, Dati et les autres, de tous partis) poussent des cris d’orfraie : « Une manipulation qui vise ma carrière, une affaire politique. » La glabreté politique intégrale devrait être exigée de nos élus et responsables. Mitterrand et ses ombres. La politique est un théâtre d’ombres inversé. Nous en sommes les marionnettes
