Bien

Bien

23 août 2026 0 Par Paul Rassat

« L’étage supérieur d’une fusée SpaceX s’est bien écrasé sur la lune » affirme un article du journal Le Monde, daté du 6 août 2026. On affirme aussi que le mieux est l’ennemi du bien. Le bien, substantif, désigne « ce qui est juste, qui représente une valeur morale ». Puis « « ce qui est susceptible d’appropriation ». Le bien passe ainsi du statut de valeur morale à celui de base du capitalisme : la propriété ; ce qui est « susceptible d’appropriation. » Ceci relativise grandement la valeur du mot valeur, puisque l’on peut s’approprier de nombreux biens par le vol, la magouille, la soif d’intérêts personnels, dans le but de paraître, de dépouiller un rival…

Ambiguïté

Impossible de passer en revue tous les emplois de bien adjectif, adverbe et nom ! Mais la formulation « L‘étage supérieur d’une fusée SPACEX s’est bien écrasé sur la lune » nécessite une contextualisation pour être bien comprise.

A — L’étage supérieur de la fusée devait s’écraser sur la lune. C’est ce qu’il a fait, comme prévu.

B — L’étage supérieur de la fusée s’est écrasé « proprement ».

C — L’étage supérieur s’est écrasé sur la lune. C’est bel et bien confirmé.

Rationalité absurde

Le mieux est l’ennemi du bien et l’enfer est pavé de bonnes intentions. Mais comme « Sous les pavés, la plage », on peut en conclure, par syllogisme, que l’enfer c’est la plage et inversement. Il est possible, avec les mêmes mots, de dire tout et son contraire. Le mot personne désigne aussi bien une présence qu’une absence. La propriété donne à une personne la liberté et le droit de posséder un bien. Ce faisant, elle en prive les autres.

Bien ! Mais où nous mène tout ceci ? À quelques dictons.

Bien mal acquis ne profite jamais.

Rira bien qui rira le dernier.

Souvent femme varie. Bien fol qui s’y fie.

Tout est bien qui finit bien.

Bien faire et laisser dire.

Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine.