Bonne dégustation

Bonne dégustation

28 août 2025 0 Par Paul Rassat

Le mot « dégustation » vient de « goût. Dans À mots découverts, Alain Rey traite du goût. Il écrit : « Le mot sage vient d’un assez mauvais latin, sapius ou sabius, qui voulait dire à la fois «  savant » et « vertueux ». Le mot classique était sapidus, dérivé de sapere. » Sapere signifie « savoir ». C’est ainsi que le savoir est sapide, il a de la saveur, contrairement à l’ignorance qui est insipide. Avoir bon goût consisterait peut-être à mêler le savoir, la science et la sagesse, sapere, à ce qui a de la saveur, sapius. (Dessin © Filipandré)

Dégoûté

Pour n’importe quoi on est , en ce début de 21° siècle, « dégoûté » Ce qui signifie littéralement qu’on a perdu le goût. Le goût des choses, le goût de la vie. Pour un rien, on est au bord du gaz, du suicide. L’hyperbole fleurit. Le sens figuré est renforcé, depuis le COVID, par l’agueusie, la perte du goût. On peut imaginer que l’agueusie est littéralement une « perte de la gueule ». C’est peut-être pour cette raison que les gens qui n’ont pas de goût gueulent le plus : pour compenser.

Hyperbole

Cette compensation linguistico braillarde ou hyperbolique trouve l’une de ses plus étranges formulations dans les moindre restaurant, gargote, boui-boui, et autres lieux délivrant de la mangeaille. On vous y sert une nourriture basique, déballée à l’instant du magasin de gros, du sac de congélation, à peine réchauffée, en vous gratifiant d’un « Bonne dégustation ». De quoi vous dégustationner définitivement. Et si vous avez le malheur d’émettre un doute, une critique au pendant du «  Bonne dégustation » que constitue le « Ça a été ? », vous êtes fichu ! La question de la serveuse ou du serveur était de pure forme. Elle n’attendait pas vraiment de réponse sinon une approbation béate. De quoi être dégoûté.  

Déguster

Dans le film Ratatouille, le restaurant où se déroule l’action s’appelle chez Gusteau ! Le siège du goût. Il est cependant possible de déguster aussi bien une pluie de coups qu’un plat de très bon goût. Celui-ci varie, est subjectif, personnel autant que lié à l’époque, à la société. À chacun de faire le sien, en dehors des « Bonne dégustation » imposés ».