Détournement de devises
6 février 2026Un certain nombre de pays ont des devises, pas tous. Il est amusant de voir à quel point un certain nombre de pays parmi le certain nombre de pays qui en possèdent se livrent au détournement de devises.
Voici quelques devises de par le vaste monde.
Afrique du Sud : « L’unité dans la diversité. » Ce qui correspond au « E pluribus unum » des États-Unis d’Amérique. Qui ont aussi « En Dieu nous croyons ». La devise actuelle des USA serait plutôt « E unum unum. » Un seul pour un seul.
Albanie : « La religion des Albanais est l’albanité. » Une sorte de tautologie fourre-tout.
Algérie / « Par le peuple et pour le peuple. » Olé !
Allemagne : « Unité et Droit et Liberté. » C’est carré ! La liberté s’inscrit dans le cadre de l’unité et du droit. Pas de confusion possible , comme avec la devise française : « Liberté Égalité Fraternité » dans laquelle certains font leur marché. Pour la gauche l’égalité prévaudrait sur les deux autres termes ; pour la droite la liberté s’impose. Alors que la devise ne fait qu’un !
Belize : « Je fleuris à l’ombre. » Pourquoi pas un peu de poésie ?
Botswana : » Que tombe la pluie ! » Une image du paradis présenté comme un jardin.
Brésil : » Ordre et Progrès. » Ça ne rigole pas.
Canada : « D’un océan à l’autre. » Pragmatique, évident.
Espagne : « Encore plus loin. »
Luxembourg : » Nous voulons rester ce que nous sommes. » Ailleurs on soutient le progrès ; ici on proclame le conservatisme.
Monaco : » Avec l’aide de Dieu. » Et des banques.
Îles Salomon : « Diriger c’est servir. » Et non se servir.
Singapour : « En avant, Singapour. » On imaginerait mal Singapour en arrière.
Suisse : « Un pour tous, tous pour un. » Dumas, Alexandre , pas Roland, est une bonne lecture .
Devise et devise
Beaucoup de pays n’ont pas de devise. Parmi celles qui existent, Dieu revient souvent, avec le travail, le progrès, l’unité. Dieu doit être bien embêté quand deux pays se réclamant de lui se font la guerre.
Devise est un mot paradoxal. Cette courte formule est censée unir tout un peuple alors que son étymologie signifie « diviser » ! Les mots sont versatiles, ou plutôt les emplois qu’on en fait. Le 5 février 2026, sur les ondes de la radio publique qu’il souhaiterait voir disparaître, Sébastien Chenu déclarait : » Donald Trump défend les intérêts des Américains. » Si parmi les devises citées ci-dessus un certain nombre sont détournées, d’autres bafouées, on retrouve cette approximation parfois coupable dans le vocabulaire courant. Trump ne défend pas les intérêts des Américains, mais ceux des États-Uniens ( et au passage les siens). Notons d’ailleurs que le terme « États-Uniens » n’a pas d’existence officielle et qu’ « Américains » est souvent un abus de langage et de pouvoir.
Les devises qui intéressent certains dirigeants ne sont pas vraiment la devise de leur pays.
