Élu d’Annecy, de Dieu…

Élu d’Annecy, de Dieu…

9 février 2026 0 Par Paul Rassat

« Je n’ai jamais mendié une place ou une mission…fortes pressions exercées par certains élus, animés par des logiques de revanche personnelle….Échanger une remise de médaille sans mérite, pour un royaume, ne constitue pas une fondation durable….j’ai été confronté à des campagnes de dénigrement répétées et à des actes de diffamation de la part de ceux qui refusaient toute remise en cause de l’ordre établi. » C’est ainsi que s’épanche ( E pericoloso sporgersi) un élu de la ville d’Annecy, seul témoin et défenseur de sa vérité.

Les chaises musicales

Chaque nouveau scrutin répond au principe du jeu des chaises musicales. Il faut bien suivre la musique pour garder son fauteuil d’élu. Certains ont pu faire quelques fausses notes, d’autres changent de chef d’orchestre au gré des tendances. Et puis chacun se surveille, se marque à la culotte. Souvenir de deux interviews de personnes qui comptent toujours dans le paysage local. Relecture et décision de mes interlocuteurs d’abandonner la publication. Sans doute trop creuse pour une personne, trop compromettante pour l’autre.

Les plus anciens se souviennent d’Edgar Faure à qui on reprochait de retourner sa chemise trop souvent. Sa réponse ? « Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent. » Et quand le vent tourne, il faut s’accrocher !

Lubrifier en cirant les pompes

Ailleurs, toujours sur les réseaux sociaux, un maire délégué congratule sa tête de liste à laquelle il doit tout. Le cirage de pompes sert de lubrifiant dans la carrière politique. Parfois dénoncer des concurrents un peu trop critiques sur la même liste peut aussi être utile pour sa propre carrière. Un autre personnage a beaucoup apporté à la politique. Henri Queuille a été député, sénateur, secrétaire d’État, ministre, Président du Conseil ! On gardera de lui ces formules : « Il n’est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout. » Ou bien « Quand vous êtes embêtés, embrouillez tout. » Et aussi : « La politique, ce n’est pas de résoudre les problèmes, c’est de faire taire ceux qui les posent. »

Esprit ( de village) es-tu là ?

Suivre le vent, c’est aussi briguer le poste de maire en s’appuyant sur l’esprit de village après avoir été à l’Assemblée nationale et avoir écrit sur les réseaux sociaux « Tous les francais veulent du social des crédits d’impôts des subventions des aides pour leurs associations ne pas payer l’hôpital ne pas payer leur traitement, augmenter les minimas sociaux augmenter les retraites accueillir plus de réfugiés mais ils ne veulent pas payer d’impôt et de taxe… » (sic). Esprit de village revendiqué aussi là où loge Talpa par une personne qui dénonce le surtourisme ( pourquoi pas ?) alors que ses activités contribuent aux nuisances sonores qui ont provoqué au fil des années les plaintes de plusieurs riverains.

Avoir des une visions

Il faudrait à Annecy et autour du Lac exiger que les prétendant(e)s aux postes d’élus signent l’ engagement qu’ils séparent leurs intérêts personnels de l’intérêt public. Et qu’ils ont une véritable vision à apporter à leurs concitoyens. Celle-ci se résume parfois à « Je suis du coin depuis plusieurs générations. »

Souvenir du premier conseil municipal tenu lors de la fusion des communes, en 2017. Souvenir de cet élu qui s’exclame : « Mais alors, je vais toucher moins ! » Et un autre élu de se lever et de rassurer son collègue !

Toujours en 2017, deux universitaires s’étaient livrés à une restitution de leur étude sur Annecy avant la fusion des communes. Le « Nous » n’existait pas. Annecy et le monde s’arrêtaient aux rives du lac. Il y a du pain sur la planche et des courants traîtres sous la surface lisse du lac. Amen(e) !