Panem et circenses
20 octobre 2026Nouveau tuto de Talpa avec Tullus et Titus. Panem et circenses!
Pour écouter, cliquez https://audiobox.app.box.com/s/oncuxgtajh7g7hlwppi5virtez0o232a/file/2332569954604 ( soyez patients!)
Pour lire, si vous n’avez pas oublié comment on fait, c’est ici.
Le tuto qui fonctionne. « Panem et circenses »
A — (Tullus) Nous parlerons aujourd’hui, Titus, du fonctionnement de la société. Car une société doit d’abord fonctionner afin de satisfaire les citoyens.
B —(Titus) On imaginerait mal, Tullus, une société qui fonctionnerait mal pour satisfaire ses citoyens.
A — Ne jouons pas sur les mots, veux-tu. Je viens de rencontrer un édile fraîchement élu. Il me confirme que les Romains veulent avant tout des fontaines qui fonctionnent, des divertissements qui divertissent, des rues propres, de quoi stationner son char quand on en a un. Ils en ont assez des embouteillages.
B — Malgré le nouveau plan de circulation de la ville auquel personne ne comprend rien.
A — Le citoyen attend des actes, des mesures concrètes qui lui permettent de mesurer immédiatement son indice de bonheur. Notre société doit fonctionner, être fonctionnelle, productive de richesses qui dégoulinent doucement jusqu’au plus pauvre.
B — Jusqu’aux esclaves ?
A — Ah non, les esclaves ne comptent pas. Ils sont les machines gratuites qui permettent à la société de fonctionner. Pas les esclaves ! On en ferait des assistés à qui tu tends la main et qui te prennent le bras. Notre société doit être rationnelle. Prends exemple sur Fordus. Il a mis au point une chaîne de montage des chars qui fonctionne de façon remarquable. Tout est segmenté, chronométré.
B — Il dit que le temps c’est de l’argent.
A — Fordus teste même le système des 3 / 8. Ses esclaves se relayent jour et nuit.
B — Et après il faut éviter les embouteillages, ouvrir des endroits où stationner les chars.
A — Titus, tu ne vas quand même pas contester le progrès !
B — Les divertissements dont tu parles, ils sont rationnels, fonctionnels peut-être ? Ils sont la soupape qui permet de supporter cette fameuse rationalisation qui nous tue à petit feu. À quoi sert un arc de triomphe ? À rien ! À quoi te sert de te faire vomir pour continuer à festoyer À rien ! Et pourtant tu te fais vomir pour continuer à manger. Des fontaines, des jeux, des rues propres, oui, bien sûr, mais une vision Tullus. Une vision ! Tu penses que nous aurions bâti un tel empire en comptant le nombre de fontaines et en passant notre temps à regarder des gladiateurs s’entretuer ? L’art, la poésie, le théâtre nous sont indispensables, autant que l’eau des fontaines.
A — Te voilà bien exalté aujourd’hui Tullus. Si tu ne mangeais pas à ta faim, si tu n’étais pas riche, tiendrais-tu ce genre de raisonnement ?
B — Qu’en sais-tu puisque toi aussi tu es riche ? Essaie de penser autrement. L’art, c’est peut-être ça, penser autrement. Ou tout simplement penser. Ne pas se contenter de panem et circenses.
A — Si on allait manger ? Je connais une petite auberge qui vient d’ouvrir…
