Plaisir partagé
18 mai 2026« J’ai lu ce livre avec plaisir » déclare un critique sur les ondes. J’ai apprécié la lecture ? La lecture de ce livre m’a ravi, m’a emporté ? Niet ! « J’ai lu ce livre avec plaisir ! » Le plaisir, du placere latin, est ce qui plaît. Faisons l’économie du plaisir selon Freud, Épicure, les Stoïciens et les autres. Le plaisir et sa recherche occupent une place centrale dans la société contemporaine. Certains, comme les cuisiniers, en donnent. Les consommateurs en prennent. On en partage à l’occasion. Vive le plaisir partagé! Il est le moteur de la société.
Talpa a retrouvé deux interviews significatives. Les voici.
Un rugbyman
— Oulala ! oui, on a pris du plaisir tous ensemble. On a vraiment pris du plaisir en revenant aux fondamentaux. On a poussé dans l’axe profond et ça a payé. Le plaisir a été partagé je crois, parce que pour que la rencontre soit belle il faut des partenaires qui soient prêts à tout donner. Sans rien lâcher sinon au bon moment, bien sûr.
Une travailleuse du sexe
— En cette période incertaine nous apportons une qualité de services propre à soutenir, voire à remonter le moral aussi bien du citoyen de base que de nos dirigeants. Nous avons su nous adapter à des conditions de travail délicates, comme toujours. Pour un prix relativement modique, nous donnons du plaisir.
Nos prestations se sont montrées indispensables. Elles relèvent à l’évidence du domaine du care et doivent être reconnues comme telles.
Plaisir d’offrir
Naguère « Plaisir d’offrir » était un slogan utilisé pour pousser à la consommation. Y a-t-il actuellement (et en tout temps ?) un plaisir quelconque à s’envoyer des drones, des missiles et autres joyeusetés sur la figure ? Il faut croire. Si ma liberté se termine là où commence celle des autres, nos plaisirs s’accroissent dans la réciprocité. Que seraient les masochistes sans les sadiques ?
