Sauver le monde

Sauver le monde

20 juillet 2022 0 Par Paul Rassat

On a très longtemps confondu. Ou bien on a réduit, par insouciance, par inconscience le salut du monde à celui de l’humanité. Retraçons un bref tableau de ce qui aurait permis de sauver l’humanité à défaut de sauver le monde. [ Image : chapiteau de l’abbaye de Cluny portant le péché originel]

La pomme

La naissance du restaurant, par Jean Effel

Ève, Adam, la pomme, le serpent. La vie est un long fleuve tranquille. Étonnant de placer cet épisode dans le salut de l’humanité ? Pas tellement. Sans la pomme, pas de péché. Pas de péché = paradis terrestre pour l’éternité. Le temps n’aurait pas existé. Il a fallu cet accroc à la perfection pour qu’Adam et Ève se reproduisent. C’est d’ailleurs cette reproduction qui entraîna la diversité humaine. Avec le péché originel naissait aussi l’expression « Il était une fois ». Car c’est bien de cette fois-ci qu’il s’agit chaque fois que naît une histoire. L’origine du monde. En se perdant, Ève et Adam créèrent le Big Bang.

L’invention de la course à pied

Plus tard, pour échapper à leurs redoutables prédateurs, les hommes durent courir et grimper aux arbres. Désormais nos champions courent en rond sur des pistes, après des sponsors. Il paraît que notre station debout vient de ce que, dressé sur les pattes arrière, l’homme voyait plus loin et anticipait le danger. À regarder loin, il en oublia à l’occasion de garder les pieds sur terre et devint hors-sol. Il s’emploie actuellement à se refaire des racines, à se connecter à la terre pour ne pas devenir un légume oublié.

Bricolage

Plus tard encore, l’humanité inventa le rasoir d’Ockham qui consiste à mettre en œuvre la solution la plus simple et la plus économique. Son opposé se formule ainsi : « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? » Un type, deux planches, des clous, quelques Romains. Une très mauvaise application du rasoir d’Ockham donna bien plus tard la guillotine.

20° siècle

L’industrie du cinéma est l’illustration vivante de la caverne de Platon. Le public immobile voit défiler sur l’écran situé devant lui les images que projette un appareil installé dans son dos. Gavé de pop-corns, il pense voir la réalité et Bruce Willis sauver le monde.

21° siècle

L’homme consomme de moins en moins (on l’y incite tout en faisant de la publicité pour que la consommation maintienne la production nécessaire au progrès et au ruissellement). De moins en moins mais mieux, des fruits et des légumes, dont des pommes.

Plus tard

Si la consommation de fruits et légumes en place de viande ne suffisait pas, l’homme envisage de s’installer sur une autre planète, qu’il transformera en paradis martien, ou autre. À suivre…