Sculptures à Cluny
18 juillet 2026Rencontre avec Véronique Dumont qui expose ses sculptures à la Galerie Oisila Nevoy, à Cluny.
Comment vous définissez-vous ?
Je suis artiste-sculpteure. J’ai commencé la sculpture en 2017, récemment. L’idée devait couver en moi. En juillet 2016 un flyer reçu dans ma boîte aux lettres m’a menée à un stage de deux jours et demi. Il fallait, les yeux fermés, faire des boules ou des cubes en terre. Il s’agissait avant tout de la relation à la terre, des sensations qui l’accompagnent. Pas davantage.
En janvier 2017, j’ai acheté un pack de terre, des outils en bois et un livre d’anatomie puisque c’est l’humain qui m’intéresse. J’ai commencé sur ma table de cuisine. Tout de suite sont nés des visages. Quelques mois plus tard, quelqu’un m’a proposé une exposition. J’ai d’abord cru à une blague : je n’étais pas passée par les Beaux Arts ; je suis autodidacte. En octobre de la même année j’ai exposé. J’ai réalisé ma première vente.
Elle a été importante pour vous ?
C’est valorisant, oui. Et puis les choses se sont enchaînées. L’un des invités à l’exposition m’a commandé une Marianne en grand format pour sa mairie. Après avoir accepté, je me suis demandé qui en moi avait dit oui. J’étais ravie mais j’allais vers l’inconnu. La Marianne se trouve aujourd’hui dans la salle des mariages d’Hardricourt.
Des gens achetaient mes réalisations en terre, jusqu’au moment où un collectionneur a souhaité acquérir des sculptures en bronze.
Ce sont les autres qui vous poussent.
Il a fallu que je trouve une fonderie ! Aucun artiste ne fait partie de mon entourage, ni de ma famille. Avant cette révélation artistique, je travaillais dans l’immobilier. Les propositions d’expositions se sont succédé, ainsi que les récompenses. Si bien que Bouygues Immobilier m’a contactée.
Votre Marianne vous porte bonheur.
Quelque chose devait être écrit dès le départ. Je ne travaille pas à partir de modèles. Je sculpte des visages que j’ai dans la tête. Les livres d’anatomie m’aident à la réalisation des corps.


Qu’est-ce qui touche les gens dans votre travail ?
L’émotion qu’il provoque, la présence dans les sculptures et la spiritualité qui les imprègne. Ce qui veille en moi, Dans les yeux de Camille [Claudel], Intériorité, par exemple, se prêtent à des lectures personnelles pour chacun des visiteurs.
Vous stylisez et allégez en partie les formes, mais cela ajoute une dimension spirituelle.
Oui, et la recherche permanente en matière de couleur ajoute une touche contemporaine. Avec À quoi penses-tu, un dialogue s’installe entre la sculpture et le regardeur. À qui s’adresse la question ?
À méditer.
