Cupidité
7 juin 2026Dans Le triomphe de la cupidité Joseph E. Stiglitz consacre un chapitre à Réformer la science économique
Il souligne que nous avons l’habitude de prendre les vessies pour des lanternes, des hypothèses de travail pour des réalités prouvées. La théorie de l’équilibre général et de la loi du marché supposerait des biens et des marchandises uniformes, une information parfaitement partagée. Stiglitz relève que les économistes soutenant ces théories espéraient la venue d’un monde parfait répondant à leurs idées. Et puis l’économie de marché aurait soutenu l’innovation. Il est maintenant démontré que c’est faux. L’hypothèse de l’efficacité des marchés n’a donc aucune base scientifique.
Conclusion des économistes soutenant le système ? « Les marchés sont inefficaces, d’accord, mais l’État est pire. »
Homo œconomicus
« La plupart d’entre nous n’aimeraient pas qu’on les assimile à l’image de l’homme qui sous-tend les modèles économiques dominants, cet individu calculateur, rationnel, égoïste et intéressé. Aucune place n’est faite à la sensibilité humaine, au civisme, à l’altruisme…et plus les étudiants étudient l’économie, plus ils deviennent comme le modèle. » L’économie reposerait sur la rationalité ? « Pour un économiste, « rationalité » ne signifie pas forcément comportement plus ou moins conforme à ce qui rend heureux. »
Biais cognitif
Il semble que beaucoup d’économistes agissent comme les scientifiques qui truquent leurs expériences afin que les résultats de celles-ci confirment leurs attentes. Parfois même, de bonne foi ! Et si le citoyen consommateur échappe aux modélisations, aux persona, réduisons-le grâce aux algorithmes, à la publicité, à la propagande, aux influenceurs. Que d’argent dépensé pour que chacun consomme ce qui est produit ! Que d’argent dépensé pour affirmer « Regardez la réalité en face » ! L’argent public, l’argent des Français, comme dirait l’autre. Notre système économique repose sur la consommation. Celle-ci ressemble au jeu de bonneteau. Il y faut un manipulateur, des complices et des chalands qui se font avoir. « Regardez bien la réalité en face. Elle est ici, elle est là…Perdu ! Vous rejouez ? Surtout, ne quittez pas la réalité des yeux ! »
