Jeu. La vie en est un sans en être un

Jeu. La vie en est un sans en être un

21 septembre 2026 0 Par Paul Rassat

Voici quelques extraits du livre de Paul Watzlawick Faites vous-même votre propre malheur. Car qui est mieux placé que chacun d’entre nous pour contribuer à son propre malheur ? « Le psychologue Allan Watts a dit un jour que la vie est un jeu dont la règle numéro 1 est la suivante « Attention, ce n’est pas un jeu, soyons sérieux ! » Et Laing devait avoir quelque chose de semblable à l’esprit quand il écrivit dans Nœuds : « Ils jouent à un jeu. Ils jouent à ne pas jouer à un jeu. »

À somme zéro

L’auteur rappelle alors la théorie des jeux, suivant laquelle il y a les jeux dans lesquels la somme des gains et des pertes de tous les joueurs est égale à zéro. On prend à Pierre pour habiller Jacques. Et il y a les autres jeux. « Pourquoi est-il si difficile pour nous de nous rendre compte que la vie n’est pas un jeu à somme zéro ? Que nous pouvons gagner tous les deux si nous ne sommes pas obsédés par l’idée qu’il nous faut vaincre l’autre pour ne pas perdre nous-même ? …Pourquoi de simples mortels seraient-ils plus avisés que leurs dirigeants politiques… ? »

À somme nulle, jeu nul

La vie transformée en jeu à somme zéro est un jeu nul. On y passe son temps à vouloir avoir raison, à imposer à l’autre sa propre raison dans le cadre d’une pensée toujours la même. Ces affrontements renforcent le conservatisme, empêchent l’imagination de s’exercer.

La religion des chiffres

C’est sur ces schémas présentés comme immuables, indiscutables, que repose notre économie qui conditionne entièrement notre politique. Rappelons cette anecdote. Lorsque les chemins de fer anglais furent privatisés, dans un souci de rentabilité fut supprimé le budget qui permettait de nourrir des chats dans les gares. Résultat ? Les dégâts occasionnés par les rats coûtèrent plus cher que de nourrir quelques chats. Mais la religion des chiffres avait parlé !

Paul Watzlawick conclut le chapitre intitulé La vie est un jeu par cette « expression favorite du Kaiser « Beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneur. » Le fil de la pensée vaut bien davantage que celui de l’épée.