Les voyages de Tullus et Titus

Les voyages de Tullus et Titus

20 septembre 2026 0 Par Paul Rassat

Un nouveau Tuto de Talpa avec Tullus et Titus.

https://audiobox.app.box.com/s/oncuxgtajh7g7hlwppi5virtez0o232a/file/2259898619263

Pour faire le voyage, cliquez sur le lien ci-dessus. Soyez un peu patient, le tuto romain est un peu lent à lancer, mais vous en serez récompensé. Et ci-dessous, les saveurs du texte.

A — (Tullus) De quoi parlerons-nous aujourd’hui, Titus ?

B — (Titus). Nous partirons d’un sujet qui fait débat, pour élargir ensuite notre champ d’investigation. Le sujet qui fait débat, c’est la circulation. Rome est encombrée de piétons, de cavaliers, de litières, de chars de toutes sortes. On ne s’y retrouve plus. Les embouteillages finissent par nous faire perdre beaucoup de temps, et comme le temps c’est de l’argent…

A — Il faut ajouter à cette perte de temps et d’argent la violence engendrée par les embouteillages, les croisements dangereux. Les litières des sénateurs se croient tous les droits, les piétons se faufilent comme ils peuvent et finissent parfois écrabouillés. N’ayons pas peur de le dire, c’est un cirque total.

B — Pour faire croire qu’ils gèrent la situation, les édiles parlent de « circulation apaisée ». Ils interdisent les gros chars. Leur infligent des péages dissuasifs, font disparaître les places de stationnement. Mais comment va-t-on continuer à alimenter les commerces et les marchés. Les marchands se plaignent. La situation apaisée devient ingérable.

A — Alors, pourquoi ne pas quitter Rome dès que l’occasion se présente ? L’empire, c’est des centaines de milliers de mille de voies qui vous mènent jusqu’à Brindisi, d’où vous pouvez partir pour l’orient, d’autres voies vont en Gaule, en Hispanie, en Germanie. Partout !

B — Alors pourquoi souffrir de la pollution romaine, des embouteillages, de la mauvaise humeur apaisée des citadins ? Déjà, dans un premier temps, rendez-vous à la campagne. Profitez de votre villa, de la douceur de vivre. Prenez le temps de voir vos esclaves travailler à votre bonheur. Carpe diem, camarade !

A — Revenons à une vie équilibrée, en accord avec la nature, avec les saisons. Et puis, si le cœur vous en dit, poussez plus loin. Partez à l’aventure en toute sécurité. Pour une somme modique, notre Itinerarium romanum vous accompagnera partout où vous souhaitez aller dans notre bel empire. Des cartes précises vous indiquent le chemin. Les haltes intéressantes sont signalées d’une roue de char. Celles qui valent le détour, de deux roues de char. Et les haltes exceptionnelles, qui méritent un séjour sont signalées par trois roues de char. Les relais et auberges figurent aussi dans notre Itinerarium.

B — Et puis, pour une somme modique, nous pouvons vous fournir un GPS.

A — Un Guide de Précision Spatiale. Une sorte de super intendant entièrement dédié à votre voyage. Il organise votre départ, se charge des bagages, vous conseille sur la route à suivre, les haltes intéressantes. Il peut même organiser des rencontres avec l’habitant pour que vous puissiez découvrir les coutumes locales, les produits, le folklore.

B — Avec notre guide et notre GPS, voyagez apaisé ! Un exemple type de destination intéressante en ce moment ? Lugdunum. La capitale des Gaules que César a conquise. La région est belle, traversée par un fleuve imposant. L’architecture gauloise n’est pas terrible, mais elle vaut le coup d’œil. Et surtout, surtout, il y a la gastronomie ! La charcuterie est divine. Vous pourrez goûter aux mâchonnus dans les auberges tenues par des matrones. Elles cuisinent à la perfection les abats, les produits du terroir que les Romains ont perdu l’habitude d’apprécier à cause des chichis de la gastronomie trop élaborée qui finit par trahir le produit.

A — Du côté de Lugdunum, ils ont l’habitude de dire « Faites simple, vous risquez de faire bon. » Le Gaulois sait vivre

B   C’est ça le véritable esprit de l’empire. Savoir respecter les coutumes locales. Ne rien imposer.

A — Dire que certains défilent en braillant « On est chez nous ! » C’est nous qui sommes chez les autres ! Et si les autres se sentent bien avec nous, tout le monde est chez soi.

A — Carpe diem.

B — À Lugdunum, il y a même des tavernes où tu as en devanture l’image des plats que tu peux déguster à table ! Ça s’appelle de la réclame !

A — C’est comme à Pompéi.

B — Oui, mais nous en parlerons une autre fois.

A — Les Gaulois ont une chanson sympathique qui commence comme ça :

« Si tu vas à Lugdunum

N’oublie pas d’goûter l’garum… »

Et vous pourrez goûter aussi la cervoise et l’hydromel qui rendent d’humeur joyeuse.

B — C’est à se demander si certains peuples que nous avons soumis ne sauraient pas vivre mieux que nous.

A — Tu t’égares, Titus.

B — Peut-être, mais il faut savoir parfois partir à l’aventure.